Sao Miguel, Verde !

Ça y est, ils sont rentrés ! Après un après midi passé à l’aéroport de Sao Miguel à les attendre… (Un vol de la TAP est-t-il déjà arrivé à l’heure ????) Ils sont là ! 5 semaines qu’on ne les a pas vus…. Chouette de retrouver les enfants et les grands parents ! Sao Miguel est la plus grande île des Açores, Environ 250 km pour en faire le tour, les grands parents restent une bonne dizaine de jours sur place, on a loué des voitures pour profiter de tout ce qu’il y a à faire ici au mieux !

On commence dès le 5 juin avec un tour vers la côte ouest de l’île. La côte déchiquetée de la pointe de Ferraria et ses courants chauds s’écoulant dans l’océan permettent ici de se baigner (dans la mer) à 38° tous les jours de l’année, un must ! Ça tombe bien, la journée est couverte, la veille il a plu des cordes toute la journée, un bain chaud est le bienvenu. Ce sont les deux journées les plus moches depuis quinze jours qu’on est là… Heureusement les quinze prochains jours seront beaux et chauds ! On continue en explorant les petits villages en remontant vers le nord, un café, un moulin et un petit port de pêche dans une crique magnifique plus tard à Capelas et la journée est déjà finie.

Le jour suivant nous explorons les alentours de Ponta Delgada. Visite d’une exploitation d’ananas, cultivés sous serres, nous apprenons que pour emmener un fruit à maturité, il faut un enfumage pour faire sortir la fleur, et deux ans en tout ! Un plan=un ananas, ensuite on recommence au début. C’est assez drôle de voir cette plante, un écrin de feuilles longues et vertes et au milieu le fruit planté sur un bâton ! Après la visite du jardin botanique nous partons explorer un tunnel de lave. La gruta do Carvao, dans une zone résidentielle de Ponta Delgada, vraiment insolite ! On termine par un tour au marché et une ballade dans les petites rues au soleil avant de rentrer.

On repart ensuite en virée dans l’intérieur de l’île et le site majeur de Sete Cidades. Un village construit au fond d’un immense cratère et bordé de deux lacs, le tout dans un paysage bucolique de forêts et de champs. On vous avait dit que c’était vert les Açores ? En rentrant, on fait confiance à la carte bien imprécise donnée par l’office de tourisme et on se retrouve sur une piste longeant le haut du cratère pendant une bonne heure, on fait une bonne partie du tour du cratère… Quelques passages délicats, on pousse les voitures … De belles frayeurs pour Mamé qui n’aime pas trop les routes de montagne ! Les voitures sont bien cracra, nous on est ravis, points de vues imprenables !

La marina de Ponta Delgada n’est pas très confortable, les bateaux bougent beaucoup, la houle rentre, et il y a beaucoup de passage de bateaux de pêches, et de cargo qui font d’assez grosses vagues. De plus, tout le long du quai, c’est l’endroit branché de Ponta Delgada la nuit, avec des bars, des concerts… et surtout l’aéroport qui n’est pas loin du tout et assez actif…. Difficile pour des non marins de vivre à bord ainsi (parfois on a vraiment l’impression d’être en navigation….) et de dormir la nuit. On décide donc de rallier la marina de Vila Franca do Campo, qui est au milieu de l’île sur la côte sud, deux grosses heures de navigation en début de soirée, couché de soleil, top ! Le prix est vraiment attractif, 12 euros la nuit pour notre 14m ! Par contre, pas de sanitaires ni de machines à laver…. On peut se garer gratuitement au bout du quai, et c’est super calme avec une ambiance village. De plus on a une position centrale sur l’île ce qui réduit les temps de trajets pour les explorations. On est vraiment ravis d’avoir fait ce choix, on le conseille à tous!

Direction ensuite le nord de l’île, en passant par le lagoa de Fogo (de nouveau un immense cratère avec un lac au fond) et les sources d’eaux chaudes en pleine montagne de Caldeira Velha. Au milieu d’une végétation luxuriante, des mousses de toutes sortes, des fougères arborescentes, des lauriers, des cèdres, des bananiers etc… plusieurs bassins dont un au pied d’une cascade permettent de se baigner à plusieurs températures et d’alterner chaud et froid…. mmmm ! Le tout 100% naturel en raison de l’activité géothermique volcanique ! Il y a plusieurs sources d’eaux chaudes ainsi dans l’île, plus ou moins aménagées et plus ou moins payantes du coup, mais restant très abordable ! On se prélasse une bonne partie de l’après midi puis on termine à Ribeira Grande par la visite d’une fabrique de liqueurs, spécialités de l’île à base de nombreux parfums de fruits et de produits sucrés…. même chocolat et riz au lait…. On laisse chacun juger selon ses goûts ! Retour par des petites routes de montagnes perdues au milieu des champs et des vaches. C’est l’heure de la traite, les fermiers se rendent dans le champ avec leur pickup qui contient le tank à lait et mettent en route le groupe électrogène, les vaches se pressent autour de la trayeuse ambulante. Le tout avec une lumière magnifique sur toutes ces teintes de vert, filtrée par la brume évanescente toujours un peu présente sur les hauteurs qui permet de passer assez rapidement de 30° en bord de mer à 16° au bord des cratères…

Le lendemain, c’est samedi, et nous sommes tous très excités ! En effet aujourd’hui nous allons sacrifier à La tradition familiale culinaire de l’île : Le Cozido ! Kézako ? Un plat traditionnel ménager à base de viandes de bœuf, de poulet et de porc, de lard, d’os à moelles, de saucisses épicées et de boudin (désolé les amis végétariens…) mais aussi de patates, de choux, de carottes, de navets… Rien de très original me direz vous ! Sauf que, tout ça est cuit dans une grande marmite, emprisonnée dans un sac de jute, que l’on pose au fond d’un trou recouvert de terre au milieu de caldeiras fumantes (fumeroles) et de geysers de boues et d’eau. On l’y laisse pendant 6 heures, et on revient le déterrer, pas d’assaisonnement, les saucisses salent le plat, le tout est ferme mais cuit à basse température, un régal ! Et heureusement, on en a fait trois ou quatre repas….. On aurait bien recommencer avec un gigot d’agneau des patates et des gousses d’ail… Pour la prochaine fois ! On remercie Izabel de la marina de Ponta Delgada qui nous a prêté tout le matériel et expliqué comment cela se passait, on est vraiment ravis d’avoir vécu cette expérience locale que le reste des touristes ne peuvent déguster qu’au restaurant.

Pas très pratique me direz vous d’attendre 6 heures au bord d’un trou que son repas soit prêt… N’ayez crainte, On vous donne un ticket correspondant au numéro de votre trou, tout cela est bordé par un magnifique lac au fond d’un cratère (tiens?), idéal pour une ballade et un pique nique. Et à un jet de voiture il y a la ville de Furnas, qui possède elle aussi deux établissements de sources chaudes, cap sur la Poça de Dona Beija, encore une succession de bassins de plusieurs températures et profondeurs. On passe ensuite déterrer notre repas (c’est génial de pouvoir écrire ça hihihi…) et on rentre le déguster au bateau.

Dimanche, Cap sur le village de Povoçao pour Loïza et moi, en passant par la chapelle nostra senora de la paz, emblématique avec ses volées d’escaliers, adossée à la montagne. Au retour, arrêt à Furnas pour voir les grosses caldeiras qui sont en plein milieu du haut de la ville et profiter des autres sources chaudes, en fait un énorme bassin grand comme une piscine olympique ! Les eaux volcaniques sont ici, a Furnas, légèrement soufrées, mais surtout ferrugineuses, très métalliques et de couleur orangée opaque… Ne pas mettre son plus beau maillot, gare aux tâches, l’oxyde de fer c’est en effet de la rouille ! Ces bains sont perdus au milieu du parc Terra Nostra, immenses jardins botaniques divisé en plusieurs ambiances, prévoir du temps pour en faire le tour, un parcours est proposé qui en permet la vue d’un bon échantillon, il fait plus de 3km ! On en aura vu un peu avec Loïza par manque de temps, vraiment magnifique !

Pendant ce temps les autres restent se reposer à Vila Franca, après la visite de la chapelle, resto au centre du village et ballade sur la plage puis après midi tranquille au bateau, lecture, bricolage et pêche sur les pontons pour les enfants.

Nous sommes déjà le 11 juin et on décide de partir faire l’exploration de la côte nord. Visites culturelles : les deux fabriques de thé de l’île dont l’une est en bio, visite d’une ancienne exploitation de tabac et fabrique de cigarette, de cigares et de tabac à priser fermée depuis les années 80. Il y a avait une grosse économie autour de ça dans l’île, avec plusieurs exploitations, toutes ont fermées au fur et à mesure que certaines s’agrandissaient, il n’y en a maintenant plus qu’une seule à Ponta Delgada qui produit seulement pour la consommation des Açores, il n’y a pas d’exportations. On en a aussi profité pour tester des piscines naturelles à Maia dans les roches volcaniques, l’eau est ici fraiche mais limpide, miam ! Fin d’après midi séance de surf pour Siméon puis restaurant le soir. C’est une formule assez particulière, le restaurant appartient à la coopérative agricole et se situe aux abattoirs… Tout un programme ! Bien sûr on y mange du bœuf à des tarifs défiants toute concurrence en dégustant du vin de Pico, un régal !

Nous avons déjà pas mal baroudé dans l’île mais n’avons pas du tout fait l’est. On commence par la visite de Povoçao où nous sommes déjà venues avec Lolo, qui abrite la plus ancienne église de l’île (1500). On passe ensuite le temps du déjeuner dans un miradouro (Il y en a pleins ici, des dizaines sur l’île, à chaque point de vue, un espace est aménagé, plus ou moins grands avec souvent des tables de pique nique, voir des barbecues, le tout toujours très propre, spots de compèt !) Manu et Siméon en profitent pour nous faire un ataya (thé) comme au Sénégal. On remonte ensuite toute la côte est jusqu’à Nordeste où un phare dressé sur une crête domine la côte ou l’eau est toujours aussi limpide, même 100m en hauteur on voit le fond ! On s’en retourne par une nouvelle piste forestière qui traverse entièrement le massif, grandiose ! On est vraiment immergé dans le vert, je me répète, mais c’est vraiment impressionnant et agréable. Ici des espèces invasives menacent l’existence d’un petit oiseau endémique. Qu’à cela ne tienne, il suffit de tout déboiser et de replanter la forêts primaire ! On traverse comme ça des énormes coupes de bois, certaines dans des pentes impressionnantes, les engins sont assurés par des câbles à des arbres ou des rochers… Certaines coupes sont déjà replantées avec les arbres de la forêt primaire, c’est super de voir qu’ils mettent les moyens à la préservation de leur écosystème.

Le lendemain, visite sur la côte nord d’un groupe de moulin à eau, il y en avait des centaines dans le nord est de l’île avant, la plupart n’existent plus, certains sont préservés et restaurés. C’est le cas ici, un est toujours en service et les locaux viennent encore y faire moudre leur maïs. Car pas de blé ici, la farine de maïs est très présente dans la cuisine açorienne. On passe encore le pique nique sur un miradouro de fou… Une plage de galets en contrebas avec une petite piscine pour se rincer et les barbecues en bord de plage, tournant le dos à une gigantesque cascade de 40m…. On retourne ensuite par les chemins de traverse à Furnas pour découvrir les Caldeiras et déguster les épis de maïs doux cuits dans les geysers, délicieux ! Avant de retourner aux sources de Dona Beija pour la fin du jour et profiter de ce lieu enchanteur de nuit… un must !

Le jeudi c’est l’avant dernier jour de Marie Pierre et Patrick avec nous, il faut penser à rentrer à Ponta Delgada. On fait un gros plein de courses et surtout d’eau en vue de la traversée retour tant qu’on a les voitures, (il y a 10 petites minutes de marche entre le bateau et le parking à Ponta Delagada) puis on fait route en bateau vers la ilha de Vila Franca, juste devant la ville. C’est une réserve naturelle insolite, ancien cratère en partie effondré, lieu enchanteur s’il en est si il n’y avait pas des hordes de touristes se succédant par navette toutes les ½ heures… On y fait un petit tour quand même avec l’annexe, armés de nos palmes masques tubas… Chouette chouette ! Retour ensuite à la grande ville.

C’est vendredi, jour où les grands parents prennent leur avion et où on récupère notre génois qui s’était abimé en frottant sur la drisse de notre réparation durant la traversée depuis le Cap Vert. C’est aussi jour de grand marché, c’est un vrai plaisir pour les yeux ! On trouve tout ici : du poisson, de la viande, des fromages dans un magasin où ils sont empilés jusqu’au plafond, des fruits et légumes très variés (ce qu’on trouve chez nous au printemps, ce qu’on trouve chez nous en été et les fruits tropicaux se côtoient sur les étales, et quasiment tout est local!). Deux autres équipages ont des enfants à bord de l’âge des nôtres, Youpi ! Nous avons peu rencontré d’enfants cette année, cela a été dur pour eux et a joué sur leur caractère, leur disponibilité et leur plaisir à voyager. Malheureusement, ils repartent dès le lendemain, rencontre brève mais intense, on passe la soirée tous ensembles et on laisse les enfants vivre leur vie jusqu’au départ : expéditions en vélo dans la ville, marchand de glaces, jeux, pêche…

On se retrouve tous les quatre après tout ce temps. Pour fêter ça on se confectionne une montagne de Makis à la mode Dupont, Miam miam !

Sao Miguel est vraiment magnifique, le tourisme est ici mis en avant, mais elle est aussi moins authentique que Santa Maria. Les lieux touristiques majeurs sont vite engorgés et il y a même des endroits (rares) où on a pas pu se garer. En revanche, dès qu’on sort des sentiers battus on se retrouves seuls, mais ça joue quand même sur l’ambiance générale. C’est aussi la capitale où il y a la grande ville avec de hauts immeubles, c’est aussi la plus peuplée. Elle reste néanmoins très rurale et sauvage, avec beaucoup de forêts. Mais le paysage agricole est différent, ce sont des grandes propriétés avec beaucoup de terre, alors qu’à Santa Maria les exploitations étaient plus petites, avec des maisons disséminées partout dans les champs.

Demain on repart en mer pour Terceira, de nouvelles aventures nous y attendent, ça fait longtemps qu’on n’a pas été si peu nombreux à bord sur l’eau… Depuis décembre à Ténérife !

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