Côtes Bretonnes

Avec un peu de retard voici nos dernières navigations. Après notre passage sur les îles Glènan, direction Concarneau pour un rapide ravitaillement en eau et un changement d’équipière, Isabelle débarque et Léa embarque. Notre prochaine destination est la rade de Lorient, nous avons prévu de passer 2 jours à Locmiquélic. Les conditions sont calmes et l’équipage profite de ce temps estival pour se laisser trainer derrière le bateau et faire de la balançoire sur la bôme de la grand voile, mécanisme inventé par Siméon! Ambiance vacances en bord de mer, le large et ses dépressions nous semblent déjà loin. La remontée de la rade se fera de nuit, tout le monde est sur le pont pour admirer les feux d’artifice et repérer les balises du chenal, il y en a de partout et une fois de plus notre gps traceur nous simplifie bien la navigation. Locmiquélic est un petit port bien tranquille en face de Lorient, pour nous rendre aux interceltiques nous prendrons le bus de mer. Nous passerons la journée sur le festival, heureusement c’est lundi et il n’y a pas trop de monde, nous passerons pas mal de temps dans le jardin des artisans avec démonstrations de danses traditionnelles et sur les quais coté librairie, ainsi que sur le village associatif.

Le lendemain départ pour Hoëdic, une belle journée bien bretonne avec plusieurs fois du soleil dans la journée ! Le vent monte progressivement et nous finissons par jouer à faire du rase cailloux par 25 nœuds de vent avec les voiles en ciseaux. A l’arrivée le mouillage que je visais est trop agité, nous tentons d’aller derrière la digue du petit port mais il n’y a pas de place pour notre « gros » Totoro. Direction la cote Est de l’ile où nous trouvons notre bonheur, un beau mouillage devant une plage de sable. C’est la troisième fois que je jette l’ancre autour de Hoëdic et je n’y ai jamais mis les pieds. L’équipage est motivé pour débarquer, à 6 dans notre petite annexe nous gagnons la plage. Les odeurs de la lande nous enveloppent, nous gagnons par les chemins le village, ici pas de voitures, c’est comme ça qu’on les aime les îles. Au village il y a plein d’animation autour du bar de la place. Le café « La Trinquette » est tenu par deux mamies Bretonnes qui ont encore bien la pêche, aller c’est la tournée du capitaine !

Dernière étape vers Pornic avec Elléore et Léa. Le vent est trop faible pour porter les voiles et après quelques heures à se trainer à une vitesse de 2 nœuds nous finissons la route au moteur. Arrivés à Pornic nous sommes accueillis par Jean-Marc, qui a fait la route Martinique-La Rochelle avec moi, et Annie. Repas de retrouvailles autour d’un beau plateau de fruits de mer. Un dernier changement d’équipière, Elléore et Léa nous quittent et nous retrouvons Flora !!! notre première équipière du voyage qui nous avait rejoint à Lisbonne. Nous avons plein de choses à nous raconter, elle nous avait quitté à Santa Cruz de Tenerife aux Canaries pour continuer son voyage vers les Antilles. Flora nous accompagne pour la dernière étape de notre périple vers l’ile d’Yeu, nous recoupons avec émotion notre trace faite il y a presque un an ! L’ile d’Yeu est magnifique et cette fois ci nous en faisons le tour à vélo avec les enfants. Ce soir là nous avons la visite surprise de Joshua, le vrai, celui de Bernard Moitessier ! C’est Jean, un ami qui nous avait fait un cours sur la navigation astronomique avant notre transat Martinique-La Rochelle, qui est chef de bord cette semaine et il vient mouiller juste à coté de Totoro. C’est l’occasion de faire un bon apéro à bord de Joshua.

Bon et bien maintenant on rentre à la maison, Flora a débarqué à Port Joinville pour prendre la navette vers le continent et nous, nous faisons route vers le phare des baleines à la pointe de l’ile de Ré. Séquence nostalgie, les enfants se rappellent les aventures du début du voyage et nous nous apercevons que malgré leurs bouderies quotidiennes ils ont vraiment apprécié le voyage !! Loïza pleure, elle n’a pas envie que ça se termine maintenant, elle veut continuer le voyage. Mais en même temps elle a tellement hâte de retrouver ses copines que les larmes de bonheur se mélangent à celles de la tristesse. Et oui les retours sont un mélange d’émotions par facile à trier. En longeant l’ile de Ré nous admirons des feux d’artifices, c’est sympa de nous avoir attendu! Dernier mouillage devant la plage de Rivedoux à coté du pont de l’ile de Ré et enfin la remontée du chenal du port de La Rochelle, le ponton de la capitainerie et 10 minutes plus tard Totoro est amarré, cette fois ci notre voyage touche à sa fin. Nous avons l’impression que rien n’a changé ici, Shanti la copine de Loïza nous attends c’est comme si elles ne s’étaient pas quittées. Nous allons casser la croute au Merluchon, Fred est toujours là fidèle au poste. Il y a eu quelques événements funestes et Jacques, un de nos anciens voisins du ponton 19 est décédé suite à une maladie, Siméon avait passé pas mal de temps avec lui, Jacques était un bricoleur et un luthier doué.

Le retour à la réalité sera bien rempli pour nous, au début on ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi les gens sont aussi « speed » et tout ce tumulte de la ville, mais pas le choix il faut se remettre dedans, ou pas ! Et oui pour moi ça sera pas car après les 2 semaines de travaux à terre sur le bateau (carénage avec ponçage à blanc, enduit époxy et antifouling, polishage…) je pars en « wwoofing » pour découvrir l’apiculture, l’aventure continue … Heureusement Aurélie ne reprend pas son boulot à plein temps et elle accepte de gérer la rentrée toute seule, je suis un peu pris par le temps car la saison apicole se termine. Les enfants sont heureux de retrouver les copains et les grand-parents, c’est avec joie qu’ils retrouvent le chemin de l’école où ils sont accueillis un peu en héros. Après avoir vécu cette aventure ensemble, nous apprécions tous de suivre chacun notre chemin, même si ils sont amenés à se séparer un peu …

 

Retour vers la France

C’est la dernière grande navigation du voyage et pas la moindre car longue de 1250 miles sur une zone de l’Atlantique qui n’est pas des plus tranquille. Enfin depuis le début de notre séjour aux Açores je surveille la météo et pour le moment c’est plutôt calme voir trop calme, l’anticyclone des Açores est bien installé. Cette fois ci les choses s’enchainent bien, au moment où nous sommes prêt à partir une fenêtre météo (période pendant laquelle la météo est propice sur le trajet envisagé) s’ouvre, un train de dépressions pas trop méchantes arrivent avec du vent de secteur ouest ce qui est bien pour rentrer en France et des périodes de calme entre chaque dépression, ce qui est bien pour récupérer et faire des prélèvements de plancton. Nous partons donc d’Horta avec de bonnes conditions nous permettant d’admirer une dernière fois les iles de Faïal, Pico, Sao Jorge, Graciosa et de Terceira. Nos deux équipières prennent rapidement leurs marques sur le bateau pour barrer et faire les manœuvres de voile, il faut qu’elles soient à l’aise pour faire les quarts seules quand le vent va forcir. Pour le moment le pilote automatique semble bien fonctionner quand les conditions sont bonnes et mon système de retenue de barre avec des tendeurs que Loïza à décidé de nommer Louis aussi. Le réglage est un peu délicat mais avec le bateau naviguant au près le résultat est bon, tout ça nous aide bien à pas trop nous fatiguer.

La première dépression arrive avec des vents à 20 – 25 nœuds et une mer pas trop grosse, nickel pour se mettre dans l’ambiance et bien avancer. Les quarts s’enchainent, à 4 c’est confortable on peut dormir 6h d’affilées, un luxe en navigation. Le vent qui a basculé au sud ouest nous a entrainé un peu plus au nord que prévu et du coup quand la 2éme dépression arrive nous sommes sur la zone la plus venteuse ! D’un coup ça se lève à 25 nœuds puis à 35, Isabelle et Elléore sont impressionnées  par ces conditions, les vagues deviennent grosses et commencent à déferler, elles ont du mal à barrer, ça devient physique et technique pour négocier chaque vagues. On est obligé de réduire leur quart et cette nuit là, Aurélie et moi n’avons pas beaucoup dormi. Heureusement au levé du jour ça se calme, on peut remettre le pilote automatique. Pas de casse, juste une déchirure dans la grand voile mais ça ne menace pas de s’agrandir. Nous reprenons notre rythme tranquille. Avec le téléphone satellite je peux télécharger des fichiers météo mais sur une petite zone et du coup je ne vois pas arriver la 3éme dépression. Lorry, notre routeur, nous a envoyé un premier mail d’alerte que nous n’avons pas reçu. C’est seulement quelques heures avant l’arrivée de la dépression que je lis son deuxième mail nous disant que notre position est trop au nord et que nous allons nous retrouver au plus fort de la dépression qui en plus s’est renforcée. 35 nœuds établis annoncés ce qui veut dire des rafales à au moins 40 nœuds, ça devient sérieux  ! Siméon est très impressionné par cette information et commence à paniquer. Sans tarder nous décidons de faire route au sud-est avec le moteur en appui pour nous éloigner au plus vite de la zone rouge. Cette nuit là un événement improbable se produit, nous croisons un voilier à quelques mètres et en plus c’est un bateau copain, « Bagatelle » rencontré à Horta, on discute quelques minutes à la radio VHF. Dans la matinée nous reprenons la route vers le nord-est, quand la dépression arrive nous sommes en bordure et nous évitons les vents trop forts, ça reste tout de même physique avec des grosses vagues à négocier, mais avec des vents à 25 nœuds, on gagne du terrain vers l’arrivée. Des dauphins sont venus à plusieurs reprises nous voir, c’est beau de les voir jouer dans les grosses vagues, ils s’amusent à les surfer,  à sauter au travers. Bizarrement c’est au plus fort du coup de vent que la tension retombe, le bateau est bien toilé et on sait que les conditions ne seront pas plus fortes. Il fait un peu frais et humide et l’équipage décide de cuisiner une tartiflette ! C’est génial de manger une tartiflette en pleine tempête quand on est affamé par des heures à la barre ! Cette fois ci un peu de casse, un chandelier arraché et la planche de surf de Siméon qui est cassée en trois, pas trop compris comment ça c’est fait ?!

La fin de la route sera plus calme, avec des passages sans vent nous obligeant à mettre le moteur. On peut enfin faire des prélèvements de plancton avec notre filet réparé avec du tissu africain ! Les premiers prélèvements sont décevants, il n’y a rien à part des chapelets d’œufs. Nous décidons de tester le prélèvement de nuit, et là, incroyable ça grouille de vie! Nous nous rapprochons doucement des côtes Françaises, les cargos se font plus nombreux, nous coupons le rail, c’est la zone de l’océan emprunté par les cargos en file indienne, un rail montant vers le nord et un autre descendant vers le sud. C’est une zone à risque pour nous car nous le traversons en coupant la route à tout ce beau monde ! En approchant du plateau continental, zone où le fond remonte d’un coup de 5000 mètres à environ 200 mètres, nous observons à plusieurs reprise des rorquals communs, grand cétacé pouvant mesurer 20 mètres, dont un qui est passé à une dizaine de mètres du bateau, on a pu voir son évent, son dos, son aileron et une partie de sa queue quand il a plongé, un grand moment avec le couché de soleil en arrière plan. Les nuits sont belles et étoilées avec en ce moment 3 planètes bien visibles, Mars, Jupiter et Saturne, ce sont des moments uniques que l’on partage au milieu de l’océan. A 150 miles de l’arrivée le vent tourne au nord, ça se complique pour nous car nous ne pouvons plus faire route directe, nous tirons des bords vers les iles des Glénan. Un matin, je prends le quart après Isabelle, le vent est faible et le bateau se traine. Le reste de l’équipage dort et je n’ai pas envie de mettre le moteur, alors avec Isabelle nous testons pleins de combinaisons de voiles différentes et nous finissons par trouver la bonne configuration, le génois et la grand voile réduite de 2 ris et le solent, en plus le bateau a plus de gueule avec ses 3 voiles ! Des dauphins par dizaines viennent nous accueillir, des mères avec des petits, les filles sont émerveillées, ils sont trop chous ! On sent qu’on arrive, on commence à voir des fous de bassans et plus trop de puffins et de sternes. La mer est belle, le ciel splendide, nous sommes bien sur notre bateau, presque déçus d’arriver si « vite », cela fait 12 jours que nous sommes en mer quand nous approchons de l’archipel des Glénan. En regardant la carte de plus près nous découvrons le tas de caillou que sont les Glénan. Il y a des rochers affleurants de partout, il faut que l’on repère les balises cardinales afin d’éviter tout ça, on a perdu l’habitude, ça nous change des côtes bien franches des îles volcaniques. Nous arrivons en début de nuit au mouillage. Au début nous ne comprenons pas bien ce que l’on voit, des centaines de lumières autour des iles, on pense à des maisons mais non pas possible, nous comprenons alors qu’il s’agit de bateaux au mouillage, incroyable, un vrai sapin de noël ! Nous ne prenons pas de risque et l’on mouille juste après la balise d’entrée de la passe. Ce soir c’est champagne pour tout l’équipage !

Le lendemain nous débarquons sur l’ile Saint Nicolas, c’est beau mais il y a beaucoup de touristes, on a perdu l’habitude. En fait nous avons rendez vous avec les parents d’Isabelle qui lui font la surprise de venir la chercher en Bretagne depuis Marseille. Isabelle sera bien surprise de voir son chien lui sauter dessus et ses parents débarquer de la navette. Nous profitons de cette belle journée pour faire des photos aériennes avec le cerf volant et se baigner à la plage. Demain nous partons pour Concarneau déposer Isabelle et tous ses bagages car elle fait son déménagement de la Guadeloupe vers la France en voilier et on a eu bien du mal à tout faire rentrer dans les soutes. Pour notre retour en France  nous avons prévu d’y aller progressivement. Après les Glénan ça sera Concarneau, Lorient, Hoëdic, Pornic et l’ile d’Yeu mais ça sera pour le prochain article.

Santa Maria, un paradis !

Nous n’avions pas prévu d’y venir et nous avons eu du mal à en repartir, on y serait bien resté une semaine ou deux de plus. Pour les voyageurs comme nous qui fuient le tourisme de masse, Santa Maria est un paradis.  Des vaches par centaines, du vert, pleins de verts différents en fait, ça sent la bouse, on marche dans de l’herbe qui chante sous nos pas, il y a des mouches, des abeilles, des oiseaux qui chantent…. Après le Cap Vert aride, ça fait du bien tout ça, vraiment! C’est une petite ile au sud est de l’archipel des Açores, on peut en faire le tour à pieds en 4 jours. En intercalant les travaux de réparations et des sorties nous avons réussi à faire les 3/4 du tour par morceaux. Si un jour vous allez là bas et que vous aimez marcher, faites le tour complet c’est superbe.

Nous avons quand même commencé par les travaux. Après le départ de Charlie qui devait faire sa clearence à Ponta Delgada, et avec l’aide de Romain, nous avons démonté la pièce cassée et préparé le recollage de la partie du pont arraché. La marina de Vila do Porto est très agréable et bien pratique pour faire des réparations, le chantier de Ricardo est à 2 pas, le bar du club de voile à 4 pas et la ville … sur les hauteurs il faut marcher 10 minutes. Tout le monde est très sympa et arrangeant et la sortie de l’eau des bateaux pas chère, de l’ordre de 90€ l’aller/retour, comparé aux 800€ à La Rochelle pour notre 14 mètres y a pas photo ! Bref, Ricardo peut nous faire la soudure et même renforcer la pièce, mais il est surchargé de boulot donc il va falloir attendre un peu et pour le reste des réparations il peut fournir le matériel, mais à nous de nous débrouiller. Heureusement c’est la partie que je sais faire! Je contacte aussi mon ami Hervé qui est gréeur à La Rochelle, on discute réglage de mât, ça m’aide à être plus serein pour la suite des réparations et savoir aussi quoi vérifier en haut.

Notre première randonnée nous permet de découvrir la cote sud de l’île. Nous partons à pied de la marina et prenons le sentier côtier qui conduit à la grande plage de l’ile: Praia Formosa. Nous en avons pris plein les yeux, le sentier domine les pentes qui se jettent dans l’eau, la végétation est par endroit très luxuriante avec plein de verts différents et partout le bleu profond de l’océan en arrière plan. Le sentier descends ensuite vers la plage et traverse un dédale de curiosités géologiques, des roches incrustées de minéraux noirs et blancs, des coulées de lave qui se superposent et toutes sortes de couleurs du jaune jusqu’au rouge. Et enfin la grande plage Praia Formosa, pas beaucoup de monde ce jour là nous avons le choix pour poser notre serviette. Retour en stop jusqu’à Vila do Porto sans problèmes, environ 30 secondes d’attentes, et ç aaura été comme ça pour tous nos déplacements! Pas la peine de louer une voiture ici! Nous sommes tous les trois revenus enchantés de cette première rando et bien motivés pour en faire d’autres.

Mais la priorité c’est les réparations et pendant que je fais le collage du pont, Romain en profite pour faire un petit tour de l’ile en stop avant de prendre un avion pour San Miguel. On se sépare après une soirée partagée entre le bar « garrouchada » pour l’apéro et le fameux « central pub » pour le repas, les deux incontournables de Vila do Porto! Maintenant que le pont est recollé nous profitons avec Aurélie du weekend de Pentecôte pour faire deux jours de rando sur la côte est de l’ile.

On commence par la visite du centre d’interpretation de Vila do Porto. Très intéressant, faune et flore locale, et surtout toute une partie sur la géologie de l’île et notamment sur ses gisements importants de fossiles, inédits aux Açores! Santa Maria est la plus vieille des îles et n’est pas sur la même plaque tectonique que les autres, ce qui la rends unique de ce point de vue! Ce jour là le stop ne fonctionne pas très bien, heureusement après 1 heure d’essai, un couple de jeunes Portugais nous prends dans leur pickup. Le monsieur parle anglais, il nous explique pas mal de chose sur l’île et veut nous montrer les paysages incontournables de cette côte. Il n’hésite pas à laisser tomber son dimanche après midi à la plage pour nous faire une visite guidée , super sympa ! La falaise d’orgues basaltiques de Panasco, le phare et l’ancienne usine baleinière de Ponta do Castelo et la cascade de Maia. Nous décidons de continuer à pied à partir de la cascade. A travers les anciennes terrasses de vigne nous remontons sous la falaise, c’est hyper raide, les vendanges devaient être sportives à l’époque, et oui nous savons grâce à notre guide que suite à des normes sanitaires imposées par l’union européenne, la fabrication à des fins commerciales du vin de Santa Maria est maintenant interdite ! Seules quelques familles entretiennent leurs vignes pour faire des cuvées personnelles, on ne pourras pas le goûter… Nous débouchons sur le plateau au dessus de la cascade, il n’y a pas un bruit hormis les oiseaux et les grenouilles dans le ruisseau. Nous marchons à travers des pâturages et des bosquets, c’est paisible. Pour la nuit nous installons notre tente sur le terrain d’un gite rural où il n’y a personne, nous profitons du robinet pour faire notre tambouille. Le lendemain le sentier nous promène plus dans les terres dans des vallons verdoyants avant de revenir vers les falaises, nous avons l’impression d’avoir l’île pour nous, pas de touristes ni de randonneurs et quelques rares locaux ! Enfin nous arrivons à notre destination, la baie de Sao Lourenço qui offre un beau paysage de vigne en terrasse et en contrebas des rochers avec une eau limpide. On déjeune au snack de la piscine naturelle, très simple et pas cher! Retour en stop dans la benne d’un pickup, le gars fait un énorme détours pour raccompagner un copain, du coup nous profitons du paysage !

Retour à la marina pour la fin des travaux, la pièce est ressoudée, la pose se fait sans problème, je peux raccrocher l’étai de génois, et voilà c’est comme neuf ! Bon il reste le problème des voiles qui sont bien abimées, car les drisses installées pour remplacer l’étai  ont ragué dessus pendant 1000 miles…. Et je n’ai pas la motivation de refaire toutes les coutures à la main, on verra ça à Ponta Delgada, il y aura bien une voilerie. Ce soir on teste le resto du club naval, pas mal, soupe et salade de poulpe, gateau au chocolat, le tout pour un peu plus de 8 euros…. Ici les restaurant ne sont vraiment pas chers…. Il y a toujours une soupe à environ 1,50 euros, puis les entrée entre 3 et 5 euros et les plats entre 6 et 12…. Un hamburgers frites complet est à 6 euros 50…. C’est pour ça qu’on en profites! Tout comme les bars, 1 euros 5à ou 7à la bière, 1 euros 50 le verre de vin blanc…. Difficile de ne pas se laisser tenter!!!  Avant de partir on voulait faire le sommet de l’ile, le pico Alto (590m) et redescendre vers la cote nord. C’est reparti pour du stop, une famille nous dépose au début de la route qui monte au sommet. Nous entrons alors dans une forêt de conifères au tronc rougeâtre bien droit et à la hauteur impressionnante. Belle vue de l’ensemble de l’île au sommet. Le chemin continue ensuite sur une crête herbeuse et redescends dans la forêt qui alterne entre les grands conifères et la forêt primaire: la laurisylve , des arbres plus petits. Fin de journée nous arrivons à la maison du garde au milieu de la forêt, le bâtiment est abandonné, pile poil pour installer notre tente sur le terrain bien plat ! Le lendemain nous finissons la descente dans la forêt humide avant de déboucher sur la partie nord-ouest plus sèche. Changement de décors, la végétation se rabougrie, l’herbe jaunie. En fait l’ile est coupée en deux partie l’est et l’ouest par une « chaine de montagne », l’ouest est vert et humide et l’est jaune et sec. L’ile est un concentré de microclimats que l’on traverse en quelques heures, c’est changeant, on ne s’en lasse pas. A ne pas rater la baia do raposo et le désert rouge : Barreiro da Faneca, on se croirait sur Mars. Nous continuons ensuite vers la Ponta dos Frades et ses falaises avant de terminer notre périple dans le petit village d’Anjos devant la statue de Christophe Colomb, passé par là lors de son retour des Amériques. Retour en stop, préparation du départ et un petit resto à « garrouchada » pour finir en beauté par 2 spécialités des Açores servies dans des plats en terre, un plat de viande mijotée : Alcatra Terceirense et un plat de poisson: Lombo de Bacalhau (filet de morue) servie dans une tuile, délicieux tout les 2.

Et le samedi matin nous mettons on route pour l’ile de San Miguel, une petite navigation de 55 miles. Mais le vent n’est pas de la partie et nous faisons tout au moteur, dommage. Dans le soleil couchant nous découvrons Ponta Delgada avec ses immeubles et son port de commerce, le choc après notre séjour sur Santa Maria et avant le Cap Vert. Mais l’île regorge de curiosités à voir et les enfants reviennent avec leurs grands parents lundi, une nouvelle aventure commence.

Contre vent et marée

C’était la navigation que l’on redoutait le plus du voyage mais en plus la malchance et la loi des séries s’y sont mis ! On n’a pas été déçus!

Alors, dans le dernier article nous partions de Mindelo, la fleur au fusil, faisant route directement vers le nord. Mais ça ne devait pas se passer comme ça, après 4 heures de navigation dans le canal entre les îles de Sao Vicente et Santo Antao, nous n’avions quasiment rien gagné par rapport au vent, et là dessus 2 lattes de notre voile d’avant, le solent, s’arrachent et tombent à l’eau. La voile sur laquelle on comptait pour toute cette navigation au prés étant inutilisable, nous décidons de faire demi tour, retour à Mindelo! Le lendemain matin, couture. Début d’après midi nous levons l’ancre et comme nous ne sommes pas têtus, cette fois ci nous passons par le sud de l’ile de Santo Antao. Nous ne le regretterons pas, la cote sud de l’ile nous offre un très beau spectacle, le mouillage de Tarrafal au sud, à l’air magnifique! Mais c’est un Tarrafal que nous n’auront pas fait… A la nuit tombante nous étions dégagé de l’ile avec le large face à nous, c’est parti !

Les premiers jours ont été un peu dur, la mer était formée, le vent soufflait bien et surtout nous n’étions pas amarinés. Heureusement, Charlie notre équipier Australien, semble insensible au mal de mer, et c’est donc lui qui nous cuisine les premiers repas. La vie a bord s’organise autour des quarts de barre, et oui nous n’avons toujours pas de pilote automatique, par tranche de 2 heures, jour et nuit, nous nous relayons.

Et le 5éme jour, c’est la cata ! Je m’aperçois le matin que le génois, notre grosse voile d’avant, a une drôle de tête, en allant voir à l’avant je constate que la cadène,  la pièce de métal sur laquelle est accrochée la voile est arrachée. Grosse sueur froide, le mât peut tomber à tout moment. Heureusement nous avons un 2éme étai, un câble, qui sert pour le solent et qui retient encore le mât, mais ce n’est pas suffisant, avec les vagues le mat bouge. Pas bon du tout, nous sommes seuls au milieu de l’océan, le port le plus proche est Mindelo à environ 750 km et sans mât ça risque d’être compliqué d’arriver jusque là. On cherche alors comment sécuriser le mât dans un premier temps. Après réflexion et moult schémas nous trouvons avec Romain, une idée. Après 3h de mise en place, la situation semble stabilisée, on peut discuter de la suite. L’option de la sécurité est de faire demi tour de retourner à Mindelo pour réparer, mais cela nous mettrait un gros coup au moral et nous ne sommes pas sûr de trouver les ressources nécessaires à de tels travaux là bas. La 2éme option est de rallier les Canaries, mais nous serions encore plus contre le vent, impossible vu l’état du bateau et les conditions de vent fort. Reste alors l’option la plus risquée, mais possible, continuer notre route vers les Açores en utilisant le solent et la grand voile réduite. Après pas mal de discutions c’est l’option que nous choisirons. Le lendemain, comme pour nous consoler, nous feront une bonne pêche, Une dorade coryphène de plus d’un mètre et d’environ 10kg mord à l’hameçon! Nous feront 5 repas à quatre sur la moitié de la chair, on fait sécher l’autre moitié pour plus tard!

Nous sommes toujours dans les alizés est le vent soutenu nous permet de bien avancer malgré notre voilure très réduite. Mais bientôt nous approchons de la zone de changement de système météo et le vent baisse … nous sommes presque à l’arrêt. Nous décidons d’augmenter la taille du solent en retirant le ris (système de réduction de la surface de la voile), mais je m’aperçois que le bas de la voile est déchirée. Du coup nous restons avec notre voilure mini. Pendant de nombreux jours, nous avançons à 2 ou 3 nœuds (4 ou 5 km/h), c’est dur pour le moral, en plus une partie des sécurités misent en place cassent, c’est reparti pour 3 heures de boulot à l’avant du bateau avec la houle, c’est éprouvant, et cette fois de nuit, éclairés par le projecteur de pont… Après de savants calculs et des suppositions  sur la consommation de gasoil du moteur nous prenons la décision de l’allumer pour aider les voiles à faire avancer le bateau. C’est comme ça que nous grignotons des miles, dés que le vent est trop faible on s’aide du moteur au ralenti. Mais bientôt le vent devient très faible et la jauge de gasoil est presque sur 0… On se voyait déjà dériver pendant des jours tout proche du but sans rien pouvoir faire. On a optimisé au mieux nos ressources et notre moral pour nous approcher d’une ile , la plus proche, Santa Maria. Lorry, notre routeur, celui qui surveille la météo et nous aide pour la route à prendre, nous a annoncé un petit vent de nord ouest avant un coup plus fort de nord. Gros challenge pour attraper le vent d’ouest et rejoindre l’ile avant le dimanche soir.

Ça s’est fini sur le fil, dimanche fin d’après midi nous sommes devant l’entrée du port de Vila do Porto sur l’ile de Santa Maria, le réservoir de gasoil est vide, nous avons ajouté les quelques litres de secours pour l’arrivée. On s’amarre au ponton de la marina, gros soulagement, le mat est toujours en place, les dégâts sur la coque liés à notre système d’assurage du mât qui passe avec des bouts sous la coque du bateau ne sont pas trop importants, et il y a un chantier qui peut ressouder la  pièce! Ce soir, c’est restaurant pour l’équipage ! Il y a ici un véritable pub irlandais, le central pub, tout en boiseries foncées et tabourets de bar… Burgers, grillades, bières et whiskys pour tout le monde!

Nous avons fait environ 1400 miles dont 1000 sans étai au près face à la vague, les connaisseurs apprécieront le niveau de stress ! Tout ça en moins de quinze jours sans la totalité de notre voilure pour une navigation qui devait prendre entre 16 et 20 jours… Mais tout c’est fait dans la bonne humeur, l’équipage est resté positif, personne n’a cédé à la panique, ensemble nous avons toujours trouvé une solution aux problèmes que l’on rencontrait. Et puis on se faisait des bons petits plats, des gâteaux, du pain croustillant, des jeux de sociétés, Charlie jouait de la guitare, on n’était pas si mal !

Aussitôt arrivé, avec Aurélie nous enfilons les chaussures de rando pour faire une petite balade. C’est ce qui manque le plus à bord d’un voilier, pouvoir marcher. Nous découvrons cette ile des Açores avec l’émerveillement de ceux qui n’ont pas vu de végétation depuis des mois, la sensation de l’herbe sous les pieds, les insectes qui volent, les odeurs de fleurs, les vaches dans la lande … C’est beau les Açores avec les falaises qui baignent dans une eau limpide, les landes déjà jaunies coté sud, les prairies et les forêts bien vertes sur les pentes nord. On est bien ici.

Tranquil’

Ça y est nous quittons Mindelo direction Santa Luzia ! Mindelo c’était sympa mais le vent fini par te poncer le cerveau (dixit Maud d’un bateau copain). Enfin la suite nous montrera qu’à Mindelo on était pas mal abrité ! Première navigation pour Charlie notre équipier Australien, dans le chenal entre les iles il y a 25 nœuds établis et nous devons remonter au vent avant la bascule de la marée sinon on ne pourra pas passer avec le courant, un peu tendu ce début de navigation. Avec un coup de moteur à la fin pour aider on sort du chenal entre Sao Vicente et Santo Antao juste à temps, ouf ! Le vent baisse un peu au nord de l’ile et nous pêchons notre plus gros poisson, un thon albacore de 8kg ! Ensuite on passe dans le chenal entre Sao Vicente et Santa Luzia et là le vent remonte, enfin le mouillage au sud de l’ile, 35 noeuds avec des raffales à 40 ! Aaahh y en a marre de ce vent ! Bon en attendant avec le thon nous avons de quoi nous occuper, sushis, saucisson, poisson séché, poisson gravlax, steak … Santa Luzia est une ile déserte, il y a juste un campement de pêcheur, on avait prévu d’y passer 2 ou 3 jours, d’aller à terre se balader, de plonger … mais là avec le vent on n’arrive même pas à tenir debout sur le pont du bateau alors on lève l’ancre et on va voir ailleurs si le vent souffle moins. La suite nous montrera qu’il peut y avoir encore plus de vent, en passant à coté de l’ilot Branco, la mer se met à fumer et le vent s’établit à 45-48 nœuds, vraiment furieux! Heureusement, j’avais anticipé et réduit le peu de génois qu’on avait sorti.  Le reste de la navigation est soutenue avec de nouveau 30 nœuds au près dans le chenal entre Ilheu Raso et Sao Nicolau, et soudain plus rien ! zéro ! on affale les voiles, on allume le moteur pour rejoindre le mouillage de Tarrafal de Sao Nicolau, génial le calme à l’abri de la montagne ! A peine mouillé nous affalons la grand voile qui est de nouveau déchirée ! Je recouds vite fait car je n’arrive pas à bien me caler pour remettre une pièce, on verra ça à Praia.

Tarrafal de Sao Nicolau est un village de pêcheur et le seul port de l’ile. Nous sommes accueillis sur la plage par les enfants qui veulent tous garder notre annexe contre quelques pièces, on choisi Eddy qui sera notre gardien pour le séjour. Ici pas de touristes, nous sommes pour l’instant les seuls. Première virée dans l’ile vers le village de Cachaço, point d’entrée dans le parc naturel du Monte Gordo. Nous repérons un endroit où planter les tentes pour notre prochaine rando. La vallée de Ribeira Brava est impressionnante vue d’ici et nous empruntons l’ancienne route pavée pour descendre à la ville. Sur les hauteurs les terrasses sont abandonnées sur celles du bas quelques cultures de canne à sucre. En passant à coté d’une ferme nous sentons l’odeur caractéristique du jus de canne fermenté, c’est une trapiche, un moulin à canne qui sert à fabriquer le grog. Ribeira Brava est la « grande » ville de l’ile, on reconnait bien le style colonial portugais, quelques beaux bâtiments, mais aujourd’hui c’est dimanche il n’y a pas un chat dans les rues. Sao Nicolau fut une ile fertile, mais plusieurs sécheresses et une invasion de sauterelles ont eu raison de cet équilibre fragile, il subsiste par endroit des zones vertes avec des légumes, bananes, papayes, canne à sucre.

La plage de Baixo de Rocha est la plus belle plage de l’ile, elle est à 8km au sud de Tarrafal, nous nous y rendons une première fois à pied par une piste. Le paysage est lunaire. Les nuages sur les hauteurs et le fort vent font que par endroit nous recevons des gouttes d’eau. Au bout de la piste, la plage de sable blanc avec le rocher dans l’eau, magnifique, entourée par des falaises d’orgues basaltiques, des grottes creusées dans le tuf et une énorme dune. L’endroit est désert, nous profitons de l’eau claire pour faire de la plongée. Tout le monde a envie de revenir ici avec le bateau pour profiter plus longtemps du lieu.

Retour au bateau pour préparer notre rando dans le parc naturel du Monte Gordo pour rallier Praia Branca depuis Cachaço. En milieu d’après midi nous prenons un collectivo pour le village de Cachaço. La montagne est dans les nuages, il fait frais et humide, arrivés au lieu de campement qu’on avait repéré, les eucalyptus sont ruisselants, en fait c’est dépaysant pour nous qui n’avons pas vu la pluie depuis 5 mois. On installe nos tentes sur une aire à coté de la maison forestière du parc qui semble abandonnée, c’est tout plat, parfait. Malgré les interdictions nous allumons un feu pour faire griller nos saucisses, il faudra toute la science du feu de Charlie, Australien et de Siméon, dit Samboun et ancien scout pour faire flamber le bois. Le lendemain c’est le même temps humide, nous montons en direction du sommet, le chemin est bordé par endroit de terrasses avec des caféiers, il y a pas mal de monde qui travaille pour nettoyer les sous bois et préparer la terre. Charlie part faire le sommet seul, nous continuons l’itinéraire principal. Sur un versant derrière le sommet, la montagne ruisselle de partout, des agaves bien vertes poussent en abondance, incroyable. Nous passons un col et commençons à redescendre dans une vallée, changement d’ambiance nous retrouvons les arbustes rabougris et les herbes sèches. Après la pause déjeuner nous arrivons au col qui permet de descendre dans la vallée de Ribeira da Prata, c’est une partie de l’ile très montagneuse et enclavée, nous traversons le village de Cruzinha, ici il n’y a pas de voiture, tout se fait à dos d’âne. Un dernier col et enfin la descente sur le village de Praia Branca, encore des terrasses sur toutes les pentes de la vallée on se croirait au Pérou. Praia Branca, les rues sont quasi désertes, un gars assis au coin d’une rue nous indique une épicerie ouverte avec des bières fraiches. Le gars parle anglais, il a parcouru le monde et maintenant il est assis là toute la journée, il discute avec les passants, il nous explique qu’ici presque personne n’a de travail, l’argent arrive de l’extérieur par les quelques 700 000 Cap-Verdiens vivants à l’étranger. Drôle de pays où plus de la moitié de la population vit en dehors du territoire.

Voilà une bonne semaine qu’on est au mouillage à Tarrafal, nous levons l’ancre pour une courte navigation vers la fameuse plage de Baixo de Rocha. Du vent recharge nos batteries mais ne nous empêche pas de profiter de la plage. En fin d’après midi deux barques de pêcheurs viennent dans la baie, ils tendent un filet et le referment en le tirant depuis la plage. Après avoir observé leur manœuvre, nous nous approchons, aussitôt le chef des pêcheurs nous fait signe de venir, avec Siméon je me retrouve à haler le filet, puis à le replier et enfin à remonter les barques sur la plage. Nous découvrons les prises avec eux, des petites bonites, des sars, une rascasse et d’autres poissons dont les pêcheurs nous ont donné le nom local des garoupas, des kup-kups (rascasse volante), des bidious (poissons perroquets). Aussitôt la pêche est distribuée entre les hommes, ils nous donnent la rascasse, délicieux par ailleurs, et nous leur achetons un gros sac d’autres poissons pour 10€. Flich est le meneur du groupe, il nous explique qu’ils vont dormir sur la plage et repartir dans la nuit pour pêcher et que le lendemain, dimanche, ils reviennent sur la plage pour faire griller du poisson, il nous invite donc à venir passer la journée avec eux, ok de toutes façons nous sommes sur place. Dimanche midi, nous sentons l’odeur des grillades depuis le bateau et Flich vient à la nage nous chercher. C’est marrant mais que font les pêcheurs le weekend … ils organisent une partie de pêche entre amis ! Certains pêchent à la ligne, d’autres au harpon des poissons et du poulpe. Ils cuisinent une grosse marmite de riz et une autre de légumes, du poisson grillé et du grog! L’ambiance est vraiment sympa. Flich me propose de m’initier à la chasse au harpon. Je prends mon harpon qui n’a jamais servi (à part Eric qui l’a utilisé à Madère) et c’est parti, pas si simple sous l’eau de se stabiliser, de viser, le tout en apnée, je touche un poisson mais il arrive à se dégager, pas grave Flich en ramène 6. Pour le retour à Tarrafal, il vient avec nous sur le bateau, il est content de prendre la barre.

Un catamaran arrive au mouillage, il y a un enfant à bord, Siméon et Loïza sautent immédiatement dans l’annexe et montent à leur bord, depuis le temps qu’ils n’ont pas rencontré d’enfants, ils sont trop content d’avoir un copain de jeux. Michel, Marie, Timothée et leur équipier Hugo nous invitent pour la soirée à leur bord. Rencontre très sympa qui nous fera prolonger notre escale à Sao Nicolau.

Nous faisons donc une dernière virée dans la partie est de l’ile. Le village de Juncalinho est presque au bout de la route ensuite c’est la montagne qu’il fait passer en 4×4 ou à pied. A Juncalinho, il n’y a pas grand chose, une épicerie, une église, mais en descendant sur la cote il y a un site de piscines naturelles. L’endroit est très joli et agréable, certains bassins sont assez profonds pour nager et l’eau est chaude! Retour à Tarrafal, demain c’est le départ pour un autre Tarrafal sur l’ile de Santiago.

Charlie a hâte d’y aller, c’est sa première « grande » navigation, environ 17h et surtout sa première nuit en mer. Le vent nous pousse, la mer est désordonnée mais les conditions sont assez bonnes, au petit matin nous entrons dans la baie de Tarrafal à l’abri du vent. Je suis à la table à carte quand Aurélie m’appelle, une baleine ! une baleine ! à 50m du bateau, on voit son dos plusieurs fois et sa nageoire caudale ! Elle a plongé. Magnifique, avec la falaise en arrière plan, mais pas le temps de prendre des photos. Un bel accueil en tout cas, ah c’est beau Tarrafal !

 

Vers le Cap Vert

On craignait la barre à la sortie du fleuve mais c’est passé crème, comme dirait Siméon ! Début de navigation au moteur par manque de vent et un fort courant nous empêche de progresser normalement, en 48h nous n’avons fait que 100 miles au lieu de 300 miles habituellement ! Heureusement le vent se lève et Totoro peut enfin s’exprimer au prés bon plein, la houle n’est pas encore là, un régal. On croise un cargo étrange qui est stationné au milieu de l’océan, aucune réponse radio, à bord de Totoro l’équipage spécule sur son activité, légale ou illégale, des pirates ? Après enquête il s’agit d’un bateau de prospection de forage sous marin. Les jours suivants le vent forcit, la mer devient moins confortable mais nous avançons bien. Après 5 jours de mer l’ile de Maio est enfin en vue encore quelques heures et nous serons au mouillage à Praia au sud de l’ile de Santiago. Dans la soirée la police maritime vient nous voir pour nous dire d’aller s’amarrer au port de pêche à cause des vols et du vent, bienvenue au Cap Vert ! Dans la nuit après bien des péripéties Aurélie rejoint le bord. Ça y est tout le monde est là.

Le lendemain nous rencontrons Quintino, le pêcheur auquel nous sommes amarré, il fait des petits boulots dans le port et peut nous aider pour récupérer de l’eau, du gaz et d’autres services et en plus il parle français. Il se désole de ne plus voir de voilier à Praia à cause de la mauvaise réputation de la ville et est content de pouvoir nous aider et surveiller notre bateau. On part découvrir la ville l’esprit tranquille. Après les 2 mois au Sénégal, Praia nous semble bien moderne, on retrouve une ambiance plus occidentale, des voitures en bon état, des constructions bien organisées dans le centre ville. Les sons sont aussi différents, on n’entend plus l’appel à la prière du muezzin, ça fait un vide on s’y était habitué. Enfin on découvre des coins sympas, le marché, une cantine qui propose des bons plats locaux, les mamas qui vendent leurs beignets dans la rue …

Les formalités et les pleins d’eau, gaz et produits frais sont fait on part pour le nord ouest de l’ile dans la baie de Tarrafal, Robin, Arnaud, Noé et Siméon vont faire la traversée de l’ile en stop et nous rejoindrons au mouillage. Avec Aurélie et Loïza nous partons à la voile par le sud de l’ile. En cours de route nous apercevons une tortue marine en détresse, elle est empêtrée dans des cordages avec des bidons, elle semble à bout de force et sa compagne nage autour d’elle désemparée. Heureusement il n’y a pas de vent et pas trop de vagues, avec l’annexe Aurélie et Loïza vont la prendre en remorque, ensuite je la hisse sur la plage arrière du bateau, elle pèse au moins 60kg ! Elle est tellement fatiguée qu’elle se laisse faire. Après pas mal de temps à couper tous les cordages, elle est libre et nous la remettons à l’eau, elle plonge directement au fond. Hep hep hep une bonne chose de faite ! L’aventure n’est pas finie pour nous car une fois la pointe sud passée un vent de face de 25 à 30 nœuds se lève, la mer se creuse, Aurélie qui n’est plus amarinée n’est pas à l’aise. Nous n’arrivons pas à gagner au vent, le soleil se couche, le vent est irrégulier, je finis par approcher de la cote et je met le moteur à fond. Pendant 3 heures nous allons remonter péniblement vers le nord. Pour remonter le moral de l’équipage on ouvre un petit pâté de La Ronflette, avec notre bon pain fait à bord c’est un régal, on prends notre mal en patience et vers minuit nous mouillons dans la baie de Tarrafal.

Tarrafal est un petit port de pêcheur, ici le tourisme reste discret et la ville garde son authenticité. Le paysage est superbe avec une grande falaise au nord, une belle plage de sable au fond de la baie et la montagne en arrière plan. C’est aussi un spot de surf, la vague n’est pas facile car courte et raide, mais il y a pas mal de monde dans l’eau dont les enfants du village, Siméon les rejoint avec son surf. Il y a même un jeune local qui donne des cours, Siméon s’y inscrit pour le lendemain. L’équipage retrouve le rythme du mouillage, un bon petit déjeuner avec le pain chaud cuit le matin même, ensuite chacun part pour différentes activités à terre. Avec Robin nous décidons de partir en rando, on a l’idée de faire le sommet qui surplombe la baie mais sur la carte il n’y a pas d’itinéraire de marqué, on part donc à l’instinct dans la forêt d’acacia. Après une lecture de paysage on repère quelque chose qui ressemble à un chemin et qui nous conduira au sommet, la fin de la rando est un peu aérienne avec quelques pas d’escalade et un chemin de crête. Ça fait du bien de retrouver du relief et du rocher. De son coté Siméon va à son cours de surf, le moniteur prête un bodyboard à Loïza et tous les 2 s’éclateront dans les vagues toute l’après midi (au premier et au deuxième sens du terme). Le dernier jour avant de partir pour Mindelo sur l’ile de Santiago, nous allons faire l’approvisionnement au marché municipal, peu de fruits à part des papayes et des bananes mais pas mal de légumes. Dans une épicerie on trouvera du café vert, l’occasion de le torréfier nous même, et aussi du frogo le fromage de chèvre frais local.

Le lendemain la météo annonce 25 nœuds de nord-est, nous serons au prés, ça s’annonce sportif. En passant la pointe nord nous nous faisons bien brasser, mais ensuite les vagues sont moins raides et on avance bien. Pendant la traversée nous apercevrons des jets de cétacés, baleine ou cachalot, et surtout on pêchera une dorade coryphène, ça fait longtemps qu’on n’a rien pêché, Arnaud est tellement heureux de la prise que 15min plus tard le poisson est déjà dans le frigo ! Vers midi nous arrivons à l’est de Sao Vicente et je prends la décision de passer par le canal de Santa Luzia. Après quelques heures de navigation dans le canal on comprends que nous n’arriverons pas à passer, nous n’avons pas pris soin de vérifier les heures de marée et avec le courant nous n’avançons pas. Pas grave nous ferons le tour par le sud de l’ile, cap vers San Pedro, un mouillage juste avant le canal de Santo Antao. Le vent sous l’ile est hyper irrégulier avec des bourrasques qui descendent de la montagne et font fumer l’eau tellement elles sont violentes rendant la navigation à la voile impossible. Nous découvrons la cote sud complétement désertique et aride, c’est sauvage et austère. Enfin nous arrivons dans la baie de San Pedro, au fond un petit village de pêcheur, devant quelques bateaux au mouillage, le vent souffle à 30 nœuds, c’est abrutissant. L’ancre tient bien, on peut cuisiner notre poisson (Robin a aussi pêché une sole à la dandine au mouillage!) et enfin ouvrir notre bouteille de champagne pour la traversée depuis l’Afrique!

Le matin nos voisins de mouillage lèvent l’ancre tôt, nous, nous déjeunons tranquillement, ce n’est qu’au moment de partir que nous réfléchissons à notre mésaventure de la veille dans le canal de Santa Luzia, la marée n’est plus dans le bon sens pour aller vers le nord, on ne passera pas avant la prochaine marée montante ! 3 heures plus tard le moment est venu, on s’attend au pire et on ne sera pas déçus. Je décide de rester le long de la falaise et de remonter au moteur, au milieu du canal les vagues déferlent. On aura droit à des rafales de 47 nœuds avec les vagues de face le bateau est stoppé même avec le moteur à fond, nous progressons très lentement et nous mettrons 3h pour faire les 6 derniers miles ! Ouf, enfin Mindelo. Le lendemain l’annexe est vite gonflée et une partie de l’équipage débarque. Noé et Robin quittent le bord, ça fait toujours un vide, nous avons partagé des bons moments avec eux, pour les enfants c’est aussi un déchirement, c’est intense et dur ces rencontres limitées dans le temps, mais chacun suit sa route. Et souvent les routes se croisent de nouveau, pas plus tard que le soir même au bar de la marina, nous retrouvons à la même table, Patrick et Julie avec leur fils Tristan que nous avions rencontré à Santa Cruz de Ténérife aux Canaries et un autre Noé que nous avions rencontré lui à Dakar. En plus Robin avait lui rencontré ce Noé là en Mauritanie lors de sa descente en camion ! Moment incroyable où une multitudes de chemins se croisent de nouveau ! Nous avons alors l’impression de faire tous partie de la grande famille des voyageurs au long court. Robin et Noé ont trouvé un embarquement sur un catamaran pour le Brésil, on doit porter chance car tous nos équipiers ré-embarquent dans la foulée. Le lendemain c’est au tour d’Arnaud de nous quitter, il faisait presque partie de la famille depuis le temps qu’il est avec nous. Nous nous retrouvons à 4 pour la première fois depuis 3 mois, ça nous change, on apprécie encore plus ces moments en famille. Nous avons pas mal de projets pour les prochains jours, explorer l’ile de Sao Vicente, trouver des équipiers pour la remontée vers les Açores et aussi organiser une expédition sur l’ile voisine de Santo Antao, mais ça sera pour le prochain article.

Teranga

Et la Casamance nous enveloppe de sa douceur de vivre, ici le temps s’écoule lentement au rythme du soleil et des marées. Les journées sont tout de même bien remplies. Pendant ces semaines nous allons partager notre temps entre le village de Sifoka et le campement de Djirouwatou.
Au campement la construction du four en terre se termine et nous essayons de cuire notre premier pain avec. Ce n’est pas un franc succès, le four n’est pas assez isolé et nous ne l’avons pas assez chauffé avant d’enfourner. Un problème aussi de ce mode de cuisson c’est qu’il faut beaucoup de bois et ici sur l’ile les réserves de bois sont faibles cela explique pourquoi dans les villages ils n’ont pas de four à bois. En tout cas la construction aura été un projet collectif et tous les enfants y ont participé mais l’apprentissage de la vie de Robinson est longue.
Au village nous faisons la connaissance des différentes familles, il y a une dizaine de maison, souvent ce sont les femmes qui nous accueillent, les hommes sont partis à la pêche dans les bolongs ou sont installés à l’ombre et discutent entre eux. Nous remarquons que les hommes et les femmes sont rarement ensembles dans leur quotidien. C’est ainsi que ce fait la gestion de la vie du village, les hommes discutent souvent des problèmes, de l’organisation, de la pêche et se racontent les histoires des autres villages, tout en buvant du bounouk ou du thé, ici on dit ataya. L’ataya est une tradition qui a son importance sociale comme le bounouk, le thé est fait sur un petit fourneau en fer dans une petite théière et on fait 3 ou 4 infusions successives. Le rituel peut prendre jusqu’à 2 heures car le thé est bouilli ensuite il faut le sucrer, le faire mousser et enfin le servir à tour de rôle car on n’utilise que 2 petits verres, c’est ce qui accompagne la discussion, ici il faut prendre le temps de faire les choses avec lenteur. Martin, un gars du village, m’a proposé de m’apprendre à faire l’ataya, j’ai donc acheté le fourneau et la théière et aussi les paquets de thé car il faut un petit paquet de 25g par session et aussi beaucoup de sucre. Le premier passage est très fort, amer et sucré en même temps et petit à petit le gout s’adoucit.
La fête au village à l’occasion des 1 an de la mort du père d’Agolène et de la fin du deuil pour sa mère, se rapproche et Agolène est chargé d’acheter le taureau qui sera tué pour faire les repas. Il nous propose de l’accompagner, il doit aller voir une bête à Ludia, un village plus dans les terres. Nous partons donc tous ensemble sur des motos taxi à travers la brousse pour rejoindre Ludia par des pistes. Les jeunes qui conduisent connaissent la route par cœur et roulent à 70km/h sur la piste ensablée, ça va vite, trop vite des fois mais l’expérience est sympa. Nous rendons visite au tuteur d’Agolène, c’est à dire à la famille qui l’a élevé le temps de son apprentissage du travail de la forge. Une petite balade dans le village pour voir le taureau et ensuite nous rejoignons le garage, autrement dit la gare routière, pour prendre un taxi pour Oussouye. Oussouye est le chef lieu du coin et ce weekend là il y a la fête du bounouk. Il y a beaucoup de monde pour cette fête mais ce n’est pas une fête traditionnelle, sono à fond, de la bière et du bounouk ! Le matin Agolène nous propose de rendre visite à Damien, l’ancien instituteur de Sifoka qui vit maintenant à Emy, un village à la lisière de la forêt. Pour l’occasion Damien a chassé une biche cochon le matin, nous sommes très bien accueillis par sa famille. Ici les maisons sont en terre, avec des murs épais et des toits débordants. Devant l’entrée de la maison il y a en général un petit abri pour faire le feu de la cuisine. Damien fait beaucoup de chose par lui même, un instrument de musique à partir de calebasse: l’écontine, des outils pour préparer les rizières: le Kadiénedou, du bounouk, un grand potager …
Après ce périple retour à Elinkine pour un avitaillement du bateau, 20 bidons de 20 litres d’eau du puits seront transportés avec l’annexe et le canoë pour être siphonné dans les réservoirs, nous la buvons sans problèmes. Le lendemain nous partons pour une bonne rando à travers la savane, le bateau est au mouillage derrière Kachouane et nous marchons 3h pour rejoindre Djenbéring sur la cote. Marcher sur les pistes dans la savane arborée et vraiment une expérience exotique, il y a les oiseaux à observer, les termitières géantes, les arbres et des plantes bizarres et surtout pas un bruit. De Djenbéring nous prenons le taxi par aller au Cap Skiring, un haut lieu touristique car c’est là qu’il y a le club med ! Pour la première fois depuis l’ile de Gorée nous nous rendons dans un lieu touristique, il y a des marchés pour toubabs où l’on peut acheter de l’artisanat et des souvenirs, ici les vendeurs font les tarifs européens. Le club med est une énorme prison avec sa plage privée. On se sent étranger à ce genre de tourisme maintenant que l’on mange avec nos mains, assis par terre autour du plat commun, que l’on n’a pas pris de douche à l’eau douce depuis plus d’un mois, que l’on a de la vase incrustée à force de marcher pieds nus dans la mangrove et sur le sable. Le retour de nuit à travers la brousse sera épuisant nous aurons marché plus de 20km sur la journée.
Un soir nous invitons tous ceux qui sont au campement à venir manger à bord un plat Français, du boeuf bourguignon mijoté par Nadine. Il y a Rebecca et Agolène, Arnaud et Elisa, vient se rajouter Ambou le voisin et peu après Manu Dibango qui passe par là en pirogue monte à bord. Au Sénégal ça se passe toujours comme ça, ceux qui passent même à l’improviste au moment du repas sont invités à partager le plat, ça s’appelle Teranga, l’hospitalité, le partage. Avec les enfants nous voilà 12 à table dans le bateau. Les Sénégalais sont toujours méfiants pour gouter la cuisine étrangère et certains ont bien trié leur assiette, les champignons n’ont pas eu de succès et le riz non brisé non plus.
Le samedi c’est l’inauguration de l’église de Karabane, nous sommes invités à faire partie de la délégation du village de Sifoka ainsi que des batocopains contactés par internet, les Pikaïas. Nous partons avec les villageois dans une grande pirogue jusqu’à Karabane. La messe dure plus de 2h et nous préférons faire le tour du village, manger un sandwich omelette oignons et boire un café touba, une infusion de plante qui rappelle le gout du café mais sans véritable café. Après la messe commence la fête traditionnelle avec des danses, des chants et des percussions. Vers 14h tout le monde se met à l’ombre pour le repas, les gens se regroupent en famille ou par village. Les femmes de Karabane ont cuisiné pour tout le monde, environ 500 personnes, et nous offrent un délicieux plat de riz avec du cochon. Le repas est folklorique, on s’installe devant un plat, on mange à sa faim et quand on a fini on se lève pour se laver les mains et si quelqu’un passe par là il prend la place libre autour du plat. Ensuite c’est l’heure du bounouk, des cercles se créent, le vin de palme est servi dans des seaux avec quelques gobelets, on discute et quand on a envie on plonge un gobelet dans le seau. Il y a 2 règles à respecter, on doit faire des bulles avec le gobelet en se servant et on doit finir son verre, on ne remet pas dans le seau. Même si ce n’est pas très alcoolisé au bout de quelques litres ça fait son effet ! Alors les percussions et les danses reprennent plus fort. Les femmes forment un grand cercle sur la place, chacun son tour les villageoises font une démonstration en avançant vers le centre. Commence alors un tournoi de danse entre les femmes des différents villages. Fin d’après midi, les yeux remplis d’images et les oreilles pleines de musique nous retrouvons la pirogue, mais la fête n’est pas finie, les femmes continuent de chanter et de danser jusqu’à l’arrivée. Le soir ils nous ont remercié d’avoir participé à la fête, ils sont fiers de leur culture, et nous, heureux et reconnaissant de pouvoir partager ces moments de joie avec eux.
Les fêtes s’enchainent et celle de la famille d’Agolène est la prochaine, avant nous partons rendre visite à nos amis bateau de Pikaïa qui sont au mouillage devant le village de Heidj plus loin sur le bolong. A bientôt.