Retour vers la France

C’est la dernière grande navigation du voyage et pas la moindre car longue de 1250 miles sur une zone de l’Atlantique qui n’est pas des plus tranquille. Enfin depuis le début de notre séjour aux Açores je surveille la météo et pour le moment c’est plutôt calme voir trop calme, l’anticyclone des Açores est bien installé. Cette fois ci les choses s’enchainent bien, au moment où nous sommes prêt à partir une fenêtre météo (période pendant laquelle la météo est propice sur le trajet envisagé) s’ouvre, un train de dépressions pas trop méchantes arrivent avec du vent de secteur ouest ce qui est bien pour rentrer en France et des périodes de calme entre chaque dépression, ce qui est bien pour récupérer et faire des prélèvements de plancton. Nous partons donc d’Horta avec de bonnes conditions nous permettant d’admirer une dernière fois les iles de Faïal, Pico, Sao Jorge, Graciosa et de Terceira. Nos deux équipières prennent rapidement leurs marques sur le bateau pour barrer et faire les manœuvres de voile, il faut qu’elles soient à l’aise pour faire les quarts seules quand le vent va forcir. Pour le moment le pilote automatique semble bien fonctionner quand les conditions sont bonnes et mon système de retenue de barre avec des tendeurs que Loïza à décidé de nommer Louis aussi. Le réglage est un peu délicat mais avec le bateau naviguant au près le résultat est bon, tout ça nous aide bien à pas trop nous fatiguer.

La première dépression arrive avec des vents à 20 – 25 nœuds et une mer pas trop grosse, nickel pour se mettre dans l’ambiance et bien avancer. Les quarts s’enchainent, à 4 c’est confortable on peut dormir 6h d’affilées, un luxe en navigation. Le vent qui a basculé au sud ouest nous a entrainé un peu plus au nord que prévu et du coup quand la 2éme dépression arrive nous sommes sur la zone la plus venteuse ! D’un coup ça se lève à 25 nœuds puis à 35, Isabelle et Elléore sont impressionnées  par ces conditions, les vagues deviennent grosses et commencent à déferler, elles ont du mal à barrer, ça devient physique et technique pour négocier chaque vagues. On est obligé de réduire leur quart et cette nuit là, Aurélie et moi n’avons pas beaucoup dormi. Heureusement au levé du jour ça se calme, on peut remettre le pilote automatique. Pas de casse, juste une déchirure dans la grand voile mais ça ne menace pas de s’agrandir. Nous reprenons notre rythme tranquille. Avec le téléphone satellite je peux télécharger des fichiers météo mais sur une petite zone et du coup je ne vois pas arriver la 3éme dépression. Lorry, notre routeur, nous a envoyé un premier mail d’alerte que nous n’avons pas reçu. C’est seulement quelques heures avant l’arrivée de la dépression que je lis son deuxième mail nous disant que notre position est trop au nord et que nous allons nous retrouver au plus fort de la dépression qui en plus s’est renforcée. 35 nœuds établis annoncés ce qui veut dire des rafales à au moins 40 nœuds, ça devient sérieux  ! Siméon est très impressionné par cette information et commence à paniquer. Sans tarder nous décidons de faire route au sud-est avec le moteur en appui pour nous éloigner au plus vite de la zone rouge. Cette nuit là un événement improbable se produit, nous croisons un voilier à quelques mètres et en plus c’est un bateau copain, « Bagatelle » rencontré à Horta, on discute quelques minutes à la radio VHF. Dans la matinée nous reprenons la route vers le nord-est, quand la dépression arrive nous sommes en bordure et nous évitons les vents trop forts, ça reste tout de même physique avec des grosses vagues à négocier, mais avec des vents à 25 nœuds, on gagne du terrain vers l’arrivée. Des dauphins sont venus à plusieurs reprises nous voir, c’est beau de les voir jouer dans les grosses vagues, ils s’amusent à les surfer,  à sauter au travers. Bizarrement c’est au plus fort du coup de vent que la tension retombe, le bateau est bien toilé et on sait que les conditions ne seront pas plus fortes. Il fait un peu frais et humide et l’équipage décide de cuisiner une tartiflette ! C’est génial de manger une tartiflette en pleine tempête quand on est affamé par des heures à la barre ! Cette fois ci un peu de casse, un chandelier arraché et la planche de surf de Siméon qui est cassée en trois, pas trop compris comment ça c’est fait ?!

La fin de la route sera plus calme, avec des passages sans vent nous obligeant à mettre le moteur. On peut enfin faire des prélèvements de plancton avec notre filet réparé avec du tissu africain ! Les premiers prélèvements sont décevants, il n’y a rien à part des chapelets d’œufs. Nous décidons de tester le prélèvement de nuit, et là, incroyable ça grouille de vie! Nous nous rapprochons doucement des côtes Françaises, les cargos se font plus nombreux, nous coupons le rail, c’est la zone de l’océan emprunté par les cargos en file indienne, un rail montant vers le nord et un autre descendant vers le sud. C’est une zone à risque pour nous car nous le traversons en coupant la route à tout ce beau monde ! En approchant du plateau continental, zone où le fond remonte d’un coup de 5000 mètres à environ 200 mètres, nous observons à plusieurs reprise des rorquals communs, grand cétacé pouvant mesurer 20 mètres, dont un qui est passé à une dizaine de mètres du bateau, on a pu voir son évent, son dos, son aileron et une partie de sa queue quand il a plongé, un grand moment avec le couché de soleil en arrière plan. Les nuits sont belles et étoilées avec en ce moment 3 planètes bien visibles, Mars, Jupiter et Saturne, ce sont des moments uniques que l’on partage au milieu de l’océan. A 150 miles de l’arrivée le vent tourne au nord, ça se complique pour nous car nous ne pouvons plus faire route directe, nous tirons des bords vers les iles des Glénan. Un matin, je prends le quart après Isabelle, le vent est faible et le bateau se traine. Le reste de l’équipage dort et je n’ai pas envie de mettre le moteur, alors avec Isabelle nous testons pleins de combinaisons de voiles différentes et nous finissons par trouver la bonne configuration, le génois et la grand voile réduite de 2 ris et le solent, en plus le bateau a plus de gueule avec ses 3 voiles ! Des dauphins par dizaines viennent nous accueillir, des mères avec des petits, les filles sont émerveillées, ils sont trop chous ! On sent qu’on arrive, on commence à voir des fous de bassans et plus trop de puffins et de sternes. La mer est belle, le ciel splendide, nous sommes bien sur notre bateau, presque déçus d’arriver si « vite », cela fait 12 jours que nous sommes en mer quand nous approchons de l’archipel des Glénan. En regardant la carte de plus près nous découvrons le tas de caillou que sont les Glénan. Il y a des rochers affleurants de partout, il faut que l’on repère les balises cardinales afin d’éviter tout ça, on a perdu l’habitude, ça nous change des côtes bien franches des îles volcaniques. Nous arrivons en début de nuit au mouillage. Au début nous ne comprenons pas bien ce que l’on voit, des centaines de lumières autour des iles, on pense à des maisons mais non pas possible, nous comprenons alors qu’il s’agit de bateaux au mouillage, incroyable, un vrai sapin de noël ! Nous ne prenons pas de risque et l’on mouille juste après la balise d’entrée de la passe. Ce soir c’est champagne pour tout l’équipage !

Le lendemain nous débarquons sur l’ile Saint Nicolas, c’est beau mais il y a beaucoup de touristes, on a perdu l’habitude. En fait nous avons rendez vous avec les parents d’Isabelle qui lui font la surprise de venir la chercher en Bretagne depuis Marseille. Isabelle sera bien surprise de voir son chien lui sauter dessus et ses parents débarquer de la navette. Nous profitons de cette belle journée pour faire des photos aériennes avec le cerf volant et se baigner à la plage. Demain nous partons pour Concarneau déposer Isabelle et tous ses bagages car elle fait son déménagement de la Guadeloupe vers la France en voilier et on a eu bien du mal à tout faire rentrer dans les soutes. Pour notre retour en France  nous avons prévu d’y aller progressivement. Après les Glénan ça sera Concarneau, Lorient, Hoëdic, Pornic et l’ile d’Yeu mais ça sera pour le prochain article.

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