Côtes Bretonnes

Avec un peu de retard voici nos dernières navigations. Après notre passage sur les îles Glènan, direction Concarneau pour un rapide ravitaillement en eau et un changement d’équipière, Isabelle débarque et Léa embarque. Notre prochaine destination est la rade de Lorient, nous avons prévu de passer 2 jours à Locmiquélic. Les conditions sont calmes et l’équipage profite de ce temps estival pour se laisser trainer derrière le bateau et faire de la balançoire sur la bôme de la grand voile, mécanisme inventé par Siméon! Ambiance vacances en bord de mer, le large et ses dépressions nous semblent déjà loin. La remontée de la rade se fera de nuit, tout le monde est sur le pont pour admirer les feux d’artifice et repérer les balises du chenal, il y en a de partout et une fois de plus notre gps traceur nous simplifie bien la navigation. Locmiquélic est un petit port bien tranquille en face de Lorient, pour nous rendre aux interceltiques nous prendrons le bus de mer. Nous passerons la journée sur le festival, heureusement c’est lundi et il n’y a pas trop de monde, nous passerons pas mal de temps dans le jardin des artisans avec démonstrations de danses traditionnelles et sur les quais coté librairie, ainsi que sur le village associatif.

Le lendemain départ pour Hoëdic, une belle journée bien bretonne avec plusieurs fois du soleil dans la journée ! Le vent monte progressivement et nous finissons par jouer à faire du rase cailloux par 25 nœuds de vent avec les voiles en ciseaux. A l’arrivée le mouillage que je visais est trop agité, nous tentons d’aller derrière la digue du petit port mais il n’y a pas de place pour notre « gros » Totoro. Direction la cote Est de l’ile où nous trouvons notre bonheur, un beau mouillage devant une plage de sable. C’est la troisième fois que je jette l’ancre autour de Hoëdic et je n’y ai jamais mis les pieds. L’équipage est motivé pour débarquer, à 6 dans notre petite annexe nous gagnons la plage. Les odeurs de la lande nous enveloppent, nous gagnons par les chemins le village, ici pas de voitures, c’est comme ça qu’on les aime les îles. Au village il y a plein d’animation autour du bar de la place. Le café « La Trinquette » est tenu par deux mamies Bretonnes qui ont encore bien la pêche, aller c’est la tournée du capitaine !

Dernière étape vers Pornic avec Elléore et Léa. Le vent est trop faible pour porter les voiles et après quelques heures à se trainer à une vitesse de 2 nœuds nous finissons la route au moteur. Arrivés à Pornic nous sommes accueillis par Jean-Marc, qui a fait la route Martinique-La Rochelle avec moi, et Annie. Repas de retrouvailles autour d’un beau plateau de fruits de mer. Un dernier changement d’équipière, Elléore et Léa nous quittent et nous retrouvons Flora !!! notre première équipière du voyage qui nous avait rejoint à Lisbonne. Nous avons plein de choses à nous raconter, elle nous avait quitté à Santa Cruz de Tenerife aux Canaries pour continuer son voyage vers les Antilles. Flora nous accompagne pour la dernière étape de notre périple vers l’ile d’Yeu, nous recoupons avec émotion notre trace faite il y a presque un an ! L’ile d’Yeu est magnifique et cette fois ci nous en faisons le tour à vélo avec les enfants. Ce soir là nous avons la visite surprise de Joshua, le vrai, celui de Bernard Moitessier ! C’est Jean, un ami qui nous avait fait un cours sur la navigation astronomique avant notre transat Martinique-La Rochelle, qui est chef de bord cette semaine et il vient mouiller juste à coté de Totoro. C’est l’occasion de faire un bon apéro à bord de Joshua.

Bon et bien maintenant on rentre à la maison, Flora a débarqué à Port Joinville pour prendre la navette vers le continent et nous, nous faisons route vers le phare des baleines à la pointe de l’ile de Ré. Séquence nostalgie, les enfants se rappellent les aventures du début du voyage et nous nous apercevons que malgré leurs bouderies quotidiennes ils ont vraiment apprécié le voyage !! Loïza pleure, elle n’a pas envie que ça se termine maintenant, elle veut continuer le voyage. Mais en même temps elle a tellement hâte de retrouver ses copines que les larmes de bonheur se mélangent à celles de la tristesse. Et oui les retours sont un mélange d’émotions par facile à trier. En longeant l’ile de Ré nous admirons des feux d’artifices, c’est sympa de nous avoir attendu! Dernier mouillage devant la plage de Rivedoux à coté du pont de l’ile de Ré et enfin la remontée du chenal du port de La Rochelle, le ponton de la capitainerie et 10 minutes plus tard Totoro est amarré, cette fois ci notre voyage touche à sa fin. Nous avons l’impression que rien n’a changé ici, Shanti la copine de Loïza nous attends c’est comme si elles ne s’étaient pas quittées. Nous allons casser la croute au Merluchon, Fred est toujours là fidèle au poste. Il y a eu quelques événements funestes et Jacques, un de nos anciens voisins du ponton 19 est décédé suite à une maladie, Siméon avait passé pas mal de temps avec lui, Jacques était un bricoleur et un luthier doué.

Le retour à la réalité sera bien rempli pour nous, au début on ne comprend pas ce qui se passe, pourquoi les gens sont aussi « speed » et tout ce tumulte de la ville, mais pas le choix il faut se remettre dedans, ou pas ! Et oui pour moi ça sera pas car après les 2 semaines de travaux à terre sur le bateau (carénage avec ponçage à blanc, enduit époxy et antifouling, polishage…) je pars en « wwoofing » pour découvrir l’apiculture, l’aventure continue … Heureusement Aurélie ne reprend pas son boulot à plein temps et elle accepte de gérer la rentrée toute seule, je suis un peu pris par le temps car la saison apicole se termine. Les enfants sont heureux de retrouver les copains et les grand-parents, c’est avec joie qu’ils retrouvent le chemin de l’école où ils sont accueillis un peu en héros. Après avoir vécu cette aventure ensemble, nous apprécions tous de suivre chacun notre chemin, même si ils sont amenés à se séparer un peu …

 

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Retour vers la France

C’est la dernière grande navigation du voyage et pas la moindre car longue de 1250 miles sur une zone de l’Atlantique qui n’est pas des plus tranquille. Enfin depuis le début de notre séjour aux Açores je surveille la météo et pour le moment c’est plutôt calme voir trop calme, l’anticyclone des Açores est bien installé. Cette fois ci les choses s’enchainent bien, au moment où nous sommes prêt à partir une fenêtre météo (période pendant laquelle la météo est propice sur le trajet envisagé) s’ouvre, un train de dépressions pas trop méchantes arrivent avec du vent de secteur ouest ce qui est bien pour rentrer en France et des périodes de calme entre chaque dépression, ce qui est bien pour récupérer et faire des prélèvements de plancton. Nous partons donc d’Horta avec de bonnes conditions nous permettant d’admirer une dernière fois les iles de Faïal, Pico, Sao Jorge, Graciosa et de Terceira. Nos deux équipières prennent rapidement leurs marques sur le bateau pour barrer et faire les manœuvres de voile, il faut qu’elles soient à l’aise pour faire les quarts seules quand le vent va forcir. Pour le moment le pilote automatique semble bien fonctionner quand les conditions sont bonnes et mon système de retenue de barre avec des tendeurs que Loïza à décidé de nommer Louis aussi. Le réglage est un peu délicat mais avec le bateau naviguant au près le résultat est bon, tout ça nous aide bien à pas trop nous fatiguer.

La première dépression arrive avec des vents à 20 – 25 nœuds et une mer pas trop grosse, nickel pour se mettre dans l’ambiance et bien avancer. Les quarts s’enchainent, à 4 c’est confortable on peut dormir 6h d’affilées, un luxe en navigation. Le vent qui a basculé au sud ouest nous a entrainé un peu plus au nord que prévu et du coup quand la 2éme dépression arrive nous sommes sur la zone la plus venteuse ! D’un coup ça se lève à 25 nœuds puis à 35, Isabelle et Elléore sont impressionnées  par ces conditions, les vagues deviennent grosses et commencent à déferler, elles ont du mal à barrer, ça devient physique et technique pour négocier chaque vagues. On est obligé de réduire leur quart et cette nuit là, Aurélie et moi n’avons pas beaucoup dormi. Heureusement au levé du jour ça se calme, on peut remettre le pilote automatique. Pas de casse, juste une déchirure dans la grand voile mais ça ne menace pas de s’agrandir. Nous reprenons notre rythme tranquille. Avec le téléphone satellite je peux télécharger des fichiers météo mais sur une petite zone et du coup je ne vois pas arriver la 3éme dépression. Lorry, notre routeur, nous a envoyé un premier mail d’alerte que nous n’avons pas reçu. C’est seulement quelques heures avant l’arrivée de la dépression que je lis son deuxième mail nous disant que notre position est trop au nord et que nous allons nous retrouver au plus fort de la dépression qui en plus s’est renforcée. 35 nœuds établis annoncés ce qui veut dire des rafales à au moins 40 nœuds, ça devient sérieux  ! Siméon est très impressionné par cette information et commence à paniquer. Sans tarder nous décidons de faire route au sud-est avec le moteur en appui pour nous éloigner au plus vite de la zone rouge. Cette nuit là un événement improbable se produit, nous croisons un voilier à quelques mètres et en plus c’est un bateau copain, « Bagatelle » rencontré à Horta, on discute quelques minutes à la radio VHF. Dans la matinée nous reprenons la route vers le nord-est, quand la dépression arrive nous sommes en bordure et nous évitons les vents trop forts, ça reste tout de même physique avec des grosses vagues à négocier, mais avec des vents à 25 nœuds, on gagne du terrain vers l’arrivée. Des dauphins sont venus à plusieurs reprises nous voir, c’est beau de les voir jouer dans les grosses vagues, ils s’amusent à les surfer,  à sauter au travers. Bizarrement c’est au plus fort du coup de vent que la tension retombe, le bateau est bien toilé et on sait que les conditions ne seront pas plus fortes. Il fait un peu frais et humide et l’équipage décide de cuisiner une tartiflette ! C’est génial de manger une tartiflette en pleine tempête quand on est affamé par des heures à la barre ! Cette fois ci un peu de casse, un chandelier arraché et la planche de surf de Siméon qui est cassée en trois, pas trop compris comment ça c’est fait ?!

La fin de la route sera plus calme, avec des passages sans vent nous obligeant à mettre le moteur. On peut enfin faire des prélèvements de plancton avec notre filet réparé avec du tissu africain ! Les premiers prélèvements sont décevants, il n’y a rien à part des chapelets d’œufs. Nous décidons de tester le prélèvement de nuit, et là, incroyable ça grouille de vie! Nous nous rapprochons doucement des côtes Françaises, les cargos se font plus nombreux, nous coupons le rail, c’est la zone de l’océan emprunté par les cargos en file indienne, un rail montant vers le nord et un autre descendant vers le sud. C’est une zone à risque pour nous car nous le traversons en coupant la route à tout ce beau monde ! En approchant du plateau continental, zone où le fond remonte d’un coup de 5000 mètres à environ 200 mètres, nous observons à plusieurs reprise des rorquals communs, grand cétacé pouvant mesurer 20 mètres, dont un qui est passé à une dizaine de mètres du bateau, on a pu voir son évent, son dos, son aileron et une partie de sa queue quand il a plongé, un grand moment avec le couché de soleil en arrière plan. Les nuits sont belles et étoilées avec en ce moment 3 planètes bien visibles, Mars, Jupiter et Saturne, ce sont des moments uniques que l’on partage au milieu de l’océan. A 150 miles de l’arrivée le vent tourne au nord, ça se complique pour nous car nous ne pouvons plus faire route directe, nous tirons des bords vers les iles des Glénan. Un matin, je prends le quart après Isabelle, le vent est faible et le bateau se traine. Le reste de l’équipage dort et je n’ai pas envie de mettre le moteur, alors avec Isabelle nous testons pleins de combinaisons de voiles différentes et nous finissons par trouver la bonne configuration, le génois et la grand voile réduite de 2 ris et le solent, en plus le bateau a plus de gueule avec ses 3 voiles ! Des dauphins par dizaines viennent nous accueillir, des mères avec des petits, les filles sont émerveillées, ils sont trop chous ! On sent qu’on arrive, on commence à voir des fous de bassans et plus trop de puffins et de sternes. La mer est belle, le ciel splendide, nous sommes bien sur notre bateau, presque déçus d’arriver si « vite », cela fait 12 jours que nous sommes en mer quand nous approchons de l’archipel des Glénan. En regardant la carte de plus près nous découvrons le tas de caillou que sont les Glénan. Il y a des rochers affleurants de partout, il faut que l’on repère les balises cardinales afin d’éviter tout ça, on a perdu l’habitude, ça nous change des côtes bien franches des îles volcaniques. Nous arrivons en début de nuit au mouillage. Au début nous ne comprenons pas bien ce que l’on voit, des centaines de lumières autour des iles, on pense à des maisons mais non pas possible, nous comprenons alors qu’il s’agit de bateaux au mouillage, incroyable, un vrai sapin de noël ! Nous ne prenons pas de risque et l’on mouille juste après la balise d’entrée de la passe. Ce soir c’est champagne pour tout l’équipage !

Le lendemain nous débarquons sur l’ile Saint Nicolas, c’est beau mais il y a beaucoup de touristes, on a perdu l’habitude. En fait nous avons rendez vous avec les parents d’Isabelle qui lui font la surprise de venir la chercher en Bretagne depuis Marseille. Isabelle sera bien surprise de voir son chien lui sauter dessus et ses parents débarquer de la navette. Nous profitons de cette belle journée pour faire des photos aériennes avec le cerf volant et se baigner à la plage. Demain nous partons pour Concarneau déposer Isabelle et tous ses bagages car elle fait son déménagement de la Guadeloupe vers la France en voilier et on a eu bien du mal à tout faire rentrer dans les soutes. Pour notre retour en France  nous avons prévu d’y aller progressivement. Après les Glénan ça sera Concarneau, Lorient, Hoëdic, Pornic et l’ile d’Yeu mais ça sera pour le prochain article.

Faial

Ou là là, on est en retard… Nous arrivons ce soir au Glénans et ce n’est que maintenant que je trouve le temps de me mettre à l’écriture de notre séjour à Horta…

Le 3 juillet, départ pour le port de Horta sur Faial. Une petite vingtaine de miles, arrivée prévue dans l’après midi. Les enfants se succèdent à la barre, le vent est couverts mais les conditions assez calmes, Siméon en profite pour se remettre à la fabrication de ses bijoux, bientôt imité par sa sœur et son père. On se met au mouillage dans l’avant port parmi d’autres bateaux, la marina, première sur la route de la transat retour du continent américains n’est pas très grande et toujours encombrée, les bateaux sont au quai, à couple, parfois en quadruple file ! On est accueillis par cette petite ville aux facades colorées, étalée à flanc de colline, et immédiatement dès l’entrée du port par les traditionnelles peintures effectuées par chaque bateau de passage depuis des dizaines d’années, sur la digue, les quais, les murs du bord de la marina, le sol, partout ! En face, tout est dominé par le volcan sur l’île de Pico, sommet culminant des Açores à plus de 1800 m d’altitude. Il est très souvent dans les nuages, et c’est un sacré exercice que de réussir à le voir dégagé !

Dés le lendemain les enfants s’installent à terre avec leur stand avec l’objectif de se faire des copains, pas de bol, il semble que tous les bateaux dont on nous avaient parlé ont déjà mis en route pour l’Europe, pas grande animation enfantine ici…. Il en sera comme ça pendant une quinzaine de jours, avant que plusieurs bateaux arrivent avec des jeunes de leur âge, ouf, enfin !

Nous rencontrons aussi Sarah et Numa, en voyage depuis plusieurs années et pour plusieurs années encore. Sarah fabrique aussi des bijoux, mais pas du tout la même chose que Siméon, ils échangeront leur méthode chaque jours sur leur stand près du bar de la marina pendant une dizaine de jours. Loïza en profite aussi, de nouvelles productions sont en route ! Numa lui est voilier, il a sa machine à coudre à bord et répare les voiles et autres des bateaux en escale. On lui confie notre bimini et notre capote qui ont besoin de quelques réparations. Nous mettons aussi à profit les jours passés ici à l’élaboration de notre peinture. On retrouve Arnaud Agnès et Saïa sur Hirondelle, on se trouve un endroit ou peindre ensemble. Sarah et Numa nous donne de la peinture qu’un autre bateau leur a laissé, et il y a aussi sur le môle central près de la capitainerie une caisse avec du matériel laissé par les prédécesseurs en libre accès, pratique !

Après avoir cherché l’emplacement idéal, on se décide pour un emplacement à flanc du talus, en face du ponton B. Il nous semble que les peintures verticales tiennent mieux dans le temps que celles qui sont par terre ou sur les bancs, car l’eau ruisselle dessus et ne stagne pas. On commence à nettoyer l’espace des résidus de peintures et poussières quand nous sommes abordés par deux personnes munies d’une caméra. Albina et Mindaugas sont des documentaristes lituaniens installés depuis plusieurs années au Portugal. Ayant précédemment effectué un documentaire sur les habitants isolés d’îles au nord de la Finlande, ils sont à Horta depuis les deux derniers été et tournent un reportage sur la vie de la marina. Ils partent des peintures effectuées par les gens pour faire les portraits des voyageurs et ainsi montrer la pluralité culturelle des marins et façons de voyager. Ces portraits permettent aussi de façon croiser de présenter des acteurs de la vie à Horta. Ils nous suivront le restant de notre séjour ici, le film sera fini au printemps prochain et présenté dans des festivals de documentaires dans toute l’Europe ! Ces premiers jours passent donc en visite de la ville, apéros au bar, bricolages à bord, grasses matinées, vente de bijoux les après midi…. Manu et Siméon fabriquent des manilles textiles. Manu démonte une nouvelle fois le pilote automatique et le remonte… Il en fabrique aussi un artisanal à fixer sur la barre grâce à un système de tendeurs et de taquets coinçeurs, il nous dépannera bien sur la traversée retour pour la France, surtout au près, mais on vous racontera ça au prochain épisode !

Nous louons aussi une voiture afin de partir une journée et une nuit en camping explorer l’île. Nous commençons par le phare quasi détruit au dessus de Ribeirinha. Très endommagé par un tremblement de terre dans les années 90, il n’a jamais été réinvestit. Ribeirinha est un lieu dit, encore une aire de pique nique et camping gratuit avec des barbecues, on dormira là ce soir au bord de l’eau, juste en face de Pico. Mais en attendant on part pour un tour de l’île par l’est : Salao et ses piscines naturelles ainsi que là aussi son aire de camping gratuit, puis toutes les localités du nord jusque au site de Capelinos, lieu de la dernière éruption massive dans les années 50, qui a vu l’île s’agrandir pas mal de ce fait. Les habitants du village d’à côté, impressionnés par ces fumées, pluies de cendres et explosions diverses ont déserté en masse les lieux…. De ce fait on y voit moult maisons abandonnées tombant en ruines. Capelinos est vraiment impressionant. Du fait de sa jeunesse géologique, les paysages sont vraiment lunaires, tortueux et ressemblant à des vagues à la fois… à certains endroits, quand on courre ou tape des pieds, ça sonne creux sous nos pas… on imagine les tunnels de laves là dessous… On fait un petit tour aux piscines naturelles locales puis vers les villages sur la côte sud. Là aussi des piscines naturelles magnifiques à Varadouro, mais pas de chance, il pleut quand on y arrive… Encore un petit tour par un parc florestal au milieu de la forêt avec la aussi tout ce qu’il faut pour manger etc… Un petit goûter dans un bar et on monte par les petites routes/pistes et encore un parc florestal vers la la caldeira pour le couché de soleil, il est déjà plus de 20h ! Les Açores sont vraiment l’endroit rêver à visiter en camping, un billet d’avion, une voiture de location, une tente et un réchaud et c’est un luxe d’endroits sauvages à découvrir entièrement seuls ! Après ce tour dans les hauteurs retour par les pistes forestières puis à travers les champs bordés de haies d’hortensias vers Ribeirinha où nous feront un souper tardif, barbecue encore bien délicieux ! Le lendemain matin baignade et rangement des tentes, puis retour à Horta pour rendre la voiture et finir notre peinture !

Nos aventures continuent les jours suivants avec Loïza qui va monter à cheval. Je l’accompagne en vélo jusqu’au centre équestre, ça monte pas mal, dur dur avec le petit vélo pliant et elle sur le porte bagage…. Je pousse ensuite jusqu’à la fabrique de fromage de l’île pour faire du stock pendant qu’elle part galoper à travers champ, j’aurais quand même fait 26 km sur l’après midi, je peux vous dire que j’ai bien apprécié la big descente de 4km au retour ! Après tous ces efforts, on a fait un petit plouf entre filles dans des piscines naturelles sur la route d’Horta, bien mérité ! Ça va nous manquer ces rochers et cette eau translucide à notre retour à La Rochelle, on en aura croisé à toutes nos étapes insulaires, spécialité des îles volcaniques ! Une petite pensée pour les garçons qui pendant ce temps faisaient le tour de la ville et des pontons pour trouver une bougie pour notre moteur d’annexe… Plus de 4 heures de recherches pour rentrer bredouille, finalement il trouvera le lundi dans un magasin en direction de la zone industrielle qui fait à la fois quincaillerie et cave à vin !! On finira notre séjour en ballades sur les cratères surplombant Horta, visites de l’aquarium local, restos (Le Kabem Todos propose des bugers variés et maison, mm le pain, à des prix fous , 6,50!) et baignades avec les copains à la plage de Porto Pim. Nous sommes une bonne petite troupe maintenant, avec les équipages de Squall, Zanzibar, Bellor’ch, Bagatelle, Quen ten ! La visite de l’aquarium est vraiment sympa, il est minuscule car ne sert que pour des quarantaines d’animaux en attente de transit vers les aquariums touristiques du monde entiers et pour soigner des animaux blessés. Il est aussi la base du programme d’exploration des grands fonds des Açores en sous marin. On voit vraiment le côté technique de tout ça, comment sont transportés les poissons etc… visite courte mais très intéressante !

Mais déjà nous accueillons Isabelle, première équipière à embarquer pour le retour et Elléore, courses, rangements etc… Ça sent le départ ! Après une dernière journée pour profiter des amis, faire les pleins etc… C’est le départ pour la France, chouette traversée s’il en est !

Terceira et Sao Jorge

Dimanche 17 juin, fête des pères, départ pour Terceira ! 24H de navigation qui s’annoncent tranquilles… Pas de vent…. On fera quasiment tout au moteur ! Point positif, au moteur sur une mer-lac, le pilote auto fonctionne ! On aura la visite des dauphins et de deux petits requins dont on voit les ailerons faire des ronds à la surface. Les enfants font aussi leurs quarts, ce qui allège notre emploi du temps et est bien agréable ! Les conditions de navigation ne le permettent pas toujours ! Quand le temps est clément, Siméon fait trois quarts d’une heure chaque jour, un le matin, un l’après midi et un dans la soirée. Parfois Loïza l’accompagne, elle m’accompagnera aussi au début de mon quart de nuit une bonne heure quand même, ça fait de la compagnie ! Elle voulait que je la réveille pour le lever du soleil, mais à 5H30, un peu rude, je n’ai pas réussi !

L’arrivée à Angra do Heroïsmo sur Terceira se fait en douceur sur une mer d’huile. On passe les deux gros rochers qui bordent l’entrée de la baie, ils sont impressionnants. Il y a du fond dans l’étroit passage entre les deux, pendant la dernière guerre c’était la base de deux sous marins alliés. On mouille au fond devant le club naval, la baie est bien abritée et donne une super vue sur la ville d’Angra, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, avec ses façades et ses églises colorées, ses petites ruelles en pentes et ses toits en quinconces, c’est une sorte de mini Lisbonne…

Le moteur de l’annexe fait encore des siennes, il n’a vraiment pas apprécié son bain à Mindelo… On démonte, on nettoie, on remonte, mais ça tousse toujours, ça cale inopinément, ça refuse de démarrer…. Il y a du vent et le mouillage est loin de la marina. De plus, depuis ce bain à Mindelo suite au retournement de l’annexe dans lequel on avait aussi perdu les rames et les tongs des enfants, on bricole pour ramer avec les pagaies des canoës qui ne sont pas adaptées et qu’on ne peut pas fixer aux dames de nage ! Décision est prise d’aller à la marina, tant pis ! On fait bien, car il y a une place pour nous, ce qui est rare pour des grands bateaux dans ce petit port à cette période. Et oui, car c’est les fêtes de la Saint Jean, Les San Joaninas, véritable institution ici, cela dure dix jours de l’après midi au petit matin, toute l’île et même plus est dans la rue ! Au programme : défilés de chars, de groupes folkloriques, de fanfares (Il y en a une dans chaque hameau, ici tout le monde joue d’un instrument, c’est impressionnant!), danses de toutes les écoles et crèches, reconstitution de scènes traditionnelles, marchés artisanaux, restaurants éphémères, Taureau dans les rues, concerts… On se prépare à bien dormir !

On part ensuite visiter la ville : Forteresse militaire, marché, ruelles… On fait des courses, on prévoit de partir trois jours en camping en stop, il y a sur cette île un grand tunnel de lave à explorer et un cratère bien encaissé et profond, gouffre immense à aller voir.

Il n’y a pas à dire, les Açoriens savent y faire en matière d’aires de camping et de barbecues. Ici aussi il y en a partout ! Certaines où il y a même des douches ! Tout est super bien entretenu dans des endroits isolés avec des vues de fou ! Eau courante et poubelles, et bien souvent pas un chat, le luxe d’être seuls pour en profiter ! Enfin presque seuls… La nuit une horde de puffins fait son concert…. Ces oiseaux actifs tout le temps où le soleil est couché passent leur temps à voler en émettant des cris très particuliers… Allez voir sur internet si vous en avez le cœur, c’est assez insolite ! Cette pointe de Raminho est vraiment magnifique.

On bouge ensuite vers un terrain de camping traditionnel, à Biscoitos. Là déception… c’est assez cher et très basique, une nuit suffit, demain on rentre ! Une fois posée la tente, on part en stop vers l’intérieur de l’île, les lignes de bus ne permettent que d’en faire le tour. On enchainera un petite rando de deux heures dans des coulées de lave jeunes (18éme siècle) colonisées par la végétation , parfois très imbriquée, ce qui donne à cette rando de mistérios negros un côté très ludique, bon à savoir quand on est avec des enfants ! A éviter quand même en cas de pluie récente, toute la première partie doit être très très boueuse alors. Après une petite sieste sur un muret au soleil, on file sous terre avec la visite d’un tunnel de lave, au cœur de la coulée avec le volcan d’où elle est sortie en arrière plan. Nouvelle cession de stop pour se rendre au site majeur de Terceira, l’Angra do Carvao, gouffre impressionnant créé par une éruption, on emprunte le chemin de la lave en sens inverse, on voit encore la fine pellicule de lave refroidie sur les parois là aussi bien vertes du haut de la cavité. Les volumes sont impressionnants plus bas et le tout se termine par un lac cristallin d’eau de pluie. Comment bien finir cette journée si ce n’est avec des hamburgers maison au barbecue ! Miam !

Nous resterons les jours qui suivront aux alentours d’Angra, pour profiter des fêtes, et bricoler un peu, faire des lessives, Siméon pour vendre ses productions (avec de plus en plus de succès, il faut le dire, il crée au fur et à mesure de nouveaux modèles!) et se balader dans la nature au dessus d’Angra. Il y a un cratère à gravir juste au dessus de la forteresse, une rando en fait le tour, toujours insolite !

Nous sommes étonnés de l’ambiance qui règne dans la ville, plusieurs milliers de personnes sont là pour faire la fête, pas un policier, pas une embrouille, pas de déchets par terre tout est dans les poubelles… Pourtant ici tout est jetable, les éco-cups n’ont pas encore fait le voyage ! Les Açoriens sont étonnants de civilité, même alcoolisés, tout le monde est là pour s’amuser et rien d’autre ! On a vraiment du boulot pour en arriver là sur le continent !

Mais nous nous préparons déjà à partir pour Faial, Laurent et Bérangère de Zanzibar nous ont dit qu’il y avait des bateaux français là bas avec beaucoup d’enfants de l’âge de Siméon et Loïza. Des copains de leur âge leur auront vraiment manqués cette année… Depuis le départ du Sénégal en mars, seulement trois jours passés avec des enfants rencontrés en marina ou au mouillage, c’est peu !

Le début de la navigation se passe bien, assez tranquille même si couvert, tout le monde se met à faire du matelotage, Siméon pour augmenter son stock, Manu et Loïza pour trouver de nouvelles idées et pour apprendre. A partir du début d’aprem c’est plus laborieux, entre les îles de Sao Jorge et de Pico le vent est très instable en force et en direction, impossible de tenir une route dans ces conditions, on ne fait que réduire et relancer, changer de cap tous les quarts d’heure, le tout principalement au près, on ne se voit plus avancer. On voit débouler devant nous au portant une bonne dizaine de bateau en tout faisant route vers le Nord Est… On pressent que la marina de Faial se vide avec les bateaux profitant de la fenêtre pour rentrer en Europe… Pas sûr que les copains potentiels des enfants soient toujours là bas…

Choix est fait de s’arrêter à Sao Jorge pour la nuit et de repartir pour Faial le lendemain. Finalement les conditions de vent non favorables nous laissent quelques jours à Velas au mouillage sur Sao Jorge. On avait prévu d’y venir plus tard, ça nous évitera un aller/retour.

Sao Jorge est vraiment plus sauvage que les îles visitées jusqu’alors. Tout en long, elle est moins touristiques et moins dense en population que les autres. Il y a vraiment de quoi rester un moment, on y restera 5 jours sous la pression des enfants qui attendent Faial avec impatience ! Nous avons quand même eu le temps de nous balader un peu, une journée en voiture (vraiment indispensable pour se déplacer ici) et une journée en stop. Nous avons pu voir la seule production de café d’Europe sous ces latitudes, des piscines naturelles impressionnantes dans un paysage chaotique, des fajas sauvages (zones planes en bord de mer sur cette île escarpée crées suite à des éboulements), des landes peuplées de vaches sur des kilomètres et des kilomètres, du bocage à perte de vue dont les haies de plus de deux mètres de haut parfois sont intégralement constituée d’hortensias (en cette saison la floraison est à son max, magnifiques ces étendues vertes quadrillées de bleu à perte de vue)… On s’est aussi fait un barbeuc d’antologie dans un coin incroyable suivi d’un rallye à fond de train sur la piste menant au phare tout à l’ouest de l’île, on a visité la fabrique de fromage coopérative et profité des piscines naturelles, sans oublier les joies de la pêche au mouillage ! Tellement poissonneux que Siméon a eu deux balistes en ½ heure juste avec une ligne plombée sans leurre ni appât, et Manu le lendemain une grosse sériole au harpon depuis la jupe arrière, même pas besoin de se mettre à l’eau ! On s’est régalé ! Nous avons aussi fait la connaissance d’Hirondelle et de son équipage, avec Saïa qui a le même age que Siméon, on devrait les revoir à Horta (le port de l’ile de Faial). Départ donc ensuite pour Faial, mais ça, c’est une autre histoire !

Sao Miguel, Verde !

Ça y est, ils sont rentrés ! Après un après midi passé à l’aéroport de Sao Miguel à les attendre… (Un vol de la TAP est-t-il déjà arrivé à l’heure ????) Ils sont là ! 5 semaines qu’on ne les a pas vus…. Chouette de retrouver les enfants et les grands parents ! Sao Miguel est la plus grande île des Açores, Environ 250 km pour en faire le tour, les grands parents restent une bonne dizaine de jours sur place, on a loué des voitures pour profiter de tout ce qu’il y a à faire ici au mieux !

On commence dès le 5 juin avec un tour vers la côte ouest de l’île. La côte déchiquetée de la pointe de Ferraria et ses courants chauds s’écoulant dans l’océan permettent ici de se baigner (dans la mer) à 38° tous les jours de l’année, un must ! Ça tombe bien, la journée est couverte, la veille il a plu des cordes toute la journée, un bain chaud est le bienvenu. Ce sont les deux journées les plus moches depuis quinze jours qu’on est là… Heureusement les quinze prochains jours seront beaux et chauds ! On continue en explorant les petits villages en remontant vers le nord, un café, un moulin et un petit port de pêche dans une crique magnifique plus tard à Capelas et la journée est déjà finie.

Le jour suivant nous explorons les alentours de Ponta Delgada. Visite d’une exploitation d’ananas, cultivés sous serres, nous apprenons que pour emmener un fruit à maturité, il faut un enfumage pour faire sortir la fleur, et deux ans en tout ! Un plan=un ananas, ensuite on recommence au début. C’est assez drôle de voir cette plante, un écrin de feuilles longues et vertes et au milieu le fruit planté sur un bâton ! Après la visite du jardin botanique nous partons explorer un tunnel de lave. La gruta do Carvao, dans une zone résidentielle de Ponta Delgada, vraiment insolite ! On termine par un tour au marché et une ballade dans les petites rues au soleil avant de rentrer.

On repart ensuite en virée dans l’intérieur de l’île et le site majeur de Sete Cidades. Un village construit au fond d’un immense cratère et bordé de deux lacs, le tout dans un paysage bucolique de forêts et de champs. On vous avait dit que c’était vert les Açores ? En rentrant, on fait confiance à la carte bien imprécise donnée par l’office de tourisme et on se retrouve sur une piste longeant le haut du cratère pendant une bonne heure, on fait une bonne partie du tour du cratère… Quelques passages délicats, on pousse les voitures … De belles frayeurs pour Mamé qui n’aime pas trop les routes de montagne ! Les voitures sont bien cracra, nous on est ravis, points de vues imprenables !

La marina de Ponta Delgada n’est pas très confortable, les bateaux bougent beaucoup, la houle rentre, et il y a beaucoup de passage de bateaux de pêches, et de cargo qui font d’assez grosses vagues. De plus, tout le long du quai, c’est l’endroit branché de Ponta Delgada la nuit, avec des bars, des concerts… et surtout l’aéroport qui n’est pas loin du tout et assez actif…. Difficile pour des non marins de vivre à bord ainsi (parfois on a vraiment l’impression d’être en navigation….) et de dormir la nuit. On décide donc de rallier la marina de Vila Franca do Campo, qui est au milieu de l’île sur la côte sud, deux grosses heures de navigation en début de soirée, couché de soleil, top ! Le prix est vraiment attractif, 12 euros la nuit pour notre 14m ! Par contre, pas de sanitaires ni de machines à laver…. On peut se garer gratuitement au bout du quai, et c’est super calme avec une ambiance village. De plus on a une position centrale sur l’île ce qui réduit les temps de trajets pour les explorations. On est vraiment ravis d’avoir fait ce choix, on le conseille à tous!

Direction ensuite le nord de l’île, en passant par le lagoa de Fogo (de nouveau un immense cratère avec un lac au fond) et les sources d’eaux chaudes en pleine montagne de Caldeira Velha. Au milieu d’une végétation luxuriante, des mousses de toutes sortes, des fougères arborescentes, des lauriers, des cèdres, des bananiers etc… plusieurs bassins dont un au pied d’une cascade permettent de se baigner à plusieurs températures et d’alterner chaud et froid…. mmmm ! Le tout 100% naturel en raison de l’activité géothermique volcanique ! Il y a plusieurs sources d’eaux chaudes ainsi dans l’île, plus ou moins aménagées et plus ou moins payantes du coup, mais restant très abordable ! On se prélasse une bonne partie de l’après midi puis on termine à Ribeira Grande par la visite d’une fabrique de liqueurs, spécialités de l’île à base de nombreux parfums de fruits et de produits sucrés…. même chocolat et riz au lait…. On laisse chacun juger selon ses goûts ! Retour par des petites routes de montagnes perdues au milieu des champs et des vaches. C’est l’heure de la traite, les fermiers se rendent dans le champ avec leur pickup qui contient le tank à lait et mettent en route le groupe électrogène, les vaches se pressent autour de la trayeuse ambulante. Le tout avec une lumière magnifique sur toutes ces teintes de vert, filtrée par la brume évanescente toujours un peu présente sur les hauteurs qui permet de passer assez rapidement de 30° en bord de mer à 16° au bord des cratères…

Le lendemain, c’est samedi, et nous sommes tous très excités ! En effet aujourd’hui nous allons sacrifier à La tradition familiale culinaire de l’île : Le Cozido ! Kézako ? Un plat traditionnel ménager à base de viandes de bœuf, de poulet et de porc, de lard, d’os à moelles, de saucisses épicées et de boudin (désolé les amis végétariens…) mais aussi de patates, de choux, de carottes, de navets… Rien de très original me direz vous ! Sauf que, tout ça est cuit dans une grande marmite, emprisonnée dans un sac de jute, que l’on pose au fond d’un trou recouvert de terre au milieu de caldeiras fumantes (fumeroles) et de geysers de boues et d’eau. On l’y laisse pendant 6 heures, et on revient le déterrer, pas d’assaisonnement, les saucisses salent le plat, le tout est ferme mais cuit à basse température, un régal ! Et heureusement, on en a fait trois ou quatre repas….. On aurait bien recommencer avec un gigot d’agneau des patates et des gousses d’ail… Pour la prochaine fois ! On remercie Izabel de la marina de Ponta Delgada qui nous a prêté tout le matériel et expliqué comment cela se passait, on est vraiment ravis d’avoir vécu cette expérience locale que le reste des touristes ne peuvent déguster qu’au restaurant.

Pas très pratique me direz vous d’attendre 6 heures au bord d’un trou que son repas soit prêt… N’ayez crainte, On vous donne un ticket correspondant au numéro de votre trou, tout cela est bordé par un magnifique lac au fond d’un cratère (tiens?), idéal pour une ballade et un pique nique. Et à un jet de voiture il y a la ville de Furnas, qui possède elle aussi deux établissements de sources chaudes, cap sur la Poça de Dona Beija, encore une succession de bassins de plusieurs températures et profondeurs. On passe ensuite déterrer notre repas (c’est génial de pouvoir écrire ça hihihi…) et on rentre le déguster au bateau.

Dimanche, Cap sur le village de Povoçao pour Loïza et moi, en passant par la chapelle nostra senora de la paz, emblématique avec ses volées d’escaliers, adossée à la montagne. Au retour, arrêt à Furnas pour voir les grosses caldeiras qui sont en plein milieu du haut de la ville et profiter des autres sources chaudes, en fait un énorme bassin grand comme une piscine olympique ! Les eaux volcaniques sont ici, a Furnas, légèrement soufrées, mais surtout ferrugineuses, très métalliques et de couleur orangée opaque… Ne pas mettre son plus beau maillot, gare aux tâches, l’oxyde de fer c’est en effet de la rouille ! Ces bains sont perdus au milieu du parc Terra Nostra, immenses jardins botaniques divisé en plusieurs ambiances, prévoir du temps pour en faire le tour, un parcours est proposé qui en permet la vue d’un bon échantillon, il fait plus de 3km ! On en aura vu un peu avec Loïza par manque de temps, vraiment magnifique !

Pendant ce temps les autres restent se reposer à Vila Franca, après la visite de la chapelle, resto au centre du village et ballade sur la plage puis après midi tranquille au bateau, lecture, bricolage et pêche sur les pontons pour les enfants.

Nous sommes déjà le 11 juin et on décide de partir faire l’exploration de la côte nord. Visites culturelles : les deux fabriques de thé de l’île dont l’une est en bio, visite d’une ancienne exploitation de tabac et fabrique de cigarette, de cigares et de tabac à priser fermée depuis les années 80. Il y a avait une grosse économie autour de ça dans l’île, avec plusieurs exploitations, toutes ont fermées au fur et à mesure que certaines s’agrandissaient, il n’y en a maintenant plus qu’une seule à Ponta Delgada qui produit seulement pour la consommation des Açores, il n’y a pas d’exportations. On en a aussi profité pour tester des piscines naturelles à Maia dans les roches volcaniques, l’eau est ici fraiche mais limpide, miam ! Fin d’après midi séance de surf pour Siméon puis restaurant le soir. C’est une formule assez particulière, le restaurant appartient à la coopérative agricole et se situe aux abattoirs… Tout un programme ! Bien sûr on y mange du bœuf à des tarifs défiants toute concurrence en dégustant du vin de Pico, un régal !

Nous avons déjà pas mal baroudé dans l’île mais n’avons pas du tout fait l’est. On commence par la visite de Povoçao où nous sommes déjà venues avec Lolo, qui abrite la plus ancienne église de l’île (1500). On passe ensuite le temps du déjeuner dans un miradouro (Il y en a pleins ici, des dizaines sur l’île, à chaque point de vue, un espace est aménagé, plus ou moins grands avec souvent des tables de pique nique, voir des barbecues, le tout toujours très propre, spots de compèt !) Manu et Siméon en profitent pour nous faire un ataya (thé) comme au Sénégal. On remonte ensuite toute la côte est jusqu’à Nordeste où un phare dressé sur une crête domine la côte ou l’eau est toujours aussi limpide, même 100m en hauteur on voit le fond ! On s’en retourne par une nouvelle piste forestière qui traverse entièrement le massif, grandiose ! On est vraiment immergé dans le vert, je me répète, mais c’est vraiment impressionnant et agréable. Ici des espèces invasives menacent l’existence d’un petit oiseau endémique. Qu’à cela ne tienne, il suffit de tout déboiser et de replanter la forêts primaire ! On traverse comme ça des énormes coupes de bois, certaines dans des pentes impressionnantes, les engins sont assurés par des câbles à des arbres ou des rochers… Certaines coupes sont déjà replantées avec les arbres de la forêt primaire, c’est super de voir qu’ils mettent les moyens à la préservation de leur écosystème.

Le lendemain, visite sur la côte nord d’un groupe de moulin à eau, il y en avait des centaines dans le nord est de l’île avant, la plupart n’existent plus, certains sont préservés et restaurés. C’est le cas ici, un est toujours en service et les locaux viennent encore y faire moudre leur maïs. Car pas de blé ici, la farine de maïs est très présente dans la cuisine açorienne. On passe encore le pique nique sur un miradouro de fou… Une plage de galets en contrebas avec une petite piscine pour se rincer et les barbecues en bord de plage, tournant le dos à une gigantesque cascade de 40m…. On retourne ensuite par les chemins de traverse à Furnas pour découvrir les Caldeiras et déguster les épis de maïs doux cuits dans les geysers, délicieux ! Avant de retourner aux sources de Dona Beija pour la fin du jour et profiter de ce lieu enchanteur de nuit… un must !

Le jeudi c’est l’avant dernier jour de Marie Pierre et Patrick avec nous, il faut penser à rentrer à Ponta Delgada. On fait un gros plein de courses et surtout d’eau en vue de la traversée retour tant qu’on a les voitures, (il y a 10 petites minutes de marche entre le bateau et le parking à Ponta Delagada) puis on fait route en bateau vers la ilha de Vila Franca, juste devant la ville. C’est une réserve naturelle insolite, ancien cratère en partie effondré, lieu enchanteur s’il en est si il n’y avait pas des hordes de touristes se succédant par navette toutes les ½ heures… On y fait un petit tour quand même avec l’annexe, armés de nos palmes masques tubas… Chouette chouette ! Retour ensuite à la grande ville.

C’est vendredi, jour où les grands parents prennent leur avion et où on récupère notre génois qui s’était abimé en frottant sur la drisse de notre réparation durant la traversée depuis le Cap Vert. C’est aussi jour de grand marché, c’est un vrai plaisir pour les yeux ! On trouve tout ici : du poisson, de la viande, des fromages dans un magasin où ils sont empilés jusqu’au plafond, des fruits et légumes très variés (ce qu’on trouve chez nous au printemps, ce qu’on trouve chez nous en été et les fruits tropicaux se côtoient sur les étales, et quasiment tout est local!). Deux autres équipages ont des enfants à bord de l’âge des nôtres, Youpi ! Nous avons peu rencontré d’enfants cette année, cela a été dur pour eux et a joué sur leur caractère, leur disponibilité et leur plaisir à voyager. Malheureusement, ils repartent dès le lendemain, rencontre brève mais intense, on passe la soirée tous ensembles et on laisse les enfants vivre leur vie jusqu’au départ : expéditions en vélo dans la ville, marchand de glaces, jeux, pêche…

On se retrouve tous les quatre après tout ce temps. Pour fêter ça on se confectionne une montagne de Makis à la mode Dupont, Miam miam !

Sao Miguel est vraiment magnifique, le tourisme est ici mis en avant, mais elle est aussi moins authentique que Santa Maria. Les lieux touristiques majeurs sont vite engorgés et il y a même des endroits (rares) où on a pas pu se garer. En revanche, dès qu’on sort des sentiers battus on se retrouves seuls, mais ça joue quand même sur l’ambiance générale. C’est aussi la capitale où il y a la grande ville avec de hauts immeubles, c’est aussi la plus peuplée. Elle reste néanmoins très rurale et sauvage, avec beaucoup de forêts. Mais le paysage agricole est différent, ce sont des grandes propriétés avec beaucoup de terre, alors qu’à Santa Maria les exploitations étaient plus petites, avec des maisons disséminées partout dans les champs.

Demain on repart en mer pour Terceira, de nouvelles aventures nous y attendent, ça fait longtemps qu’on n’a pas été si peu nombreux à bord sur l’eau… Depuis décembre à Ténérife !

Santa Maria, un paradis !

Nous n’avions pas prévu d’y venir et nous avons eu du mal à en repartir, on y serait bien resté une semaine ou deux de plus. Pour les voyageurs comme nous qui fuient le tourisme de masse, Santa Maria est un paradis.  Des vaches par centaines, du vert, pleins de verts différents en fait, ça sent la bouse, on marche dans de l’herbe qui chante sous nos pas, il y a des mouches, des abeilles, des oiseaux qui chantent…. Après le Cap Vert aride, ça fait du bien tout ça, vraiment! C’est une petite ile au sud est de l’archipel des Açores, on peut en faire le tour à pieds en 4 jours. En intercalant les travaux de réparations et des sorties nous avons réussi à faire les 3/4 du tour par morceaux. Si un jour vous allez là bas et que vous aimez marcher, faites le tour complet c’est superbe.

Nous avons quand même commencé par les travaux. Après le départ de Charlie qui devait faire sa clearence à Ponta Delgada, et avec l’aide de Romain, nous avons démonté la pièce cassée et préparé le recollage de la partie du pont arraché. La marina de Vila do Porto est très agréable et bien pratique pour faire des réparations, le chantier de Ricardo est à 2 pas, le bar du club de voile à 4 pas et la ville … sur les hauteurs il faut marcher 10 minutes. Tout le monde est très sympa et arrangeant et la sortie de l’eau des bateaux pas chère, de l’ordre de 90€ l’aller/retour, comparé aux 800€ à La Rochelle pour notre 14 mètres y a pas photo ! Bref, Ricardo peut nous faire la soudure et même renforcer la pièce, mais il est surchargé de boulot donc il va falloir attendre un peu et pour le reste des réparations il peut fournir le matériel, mais à nous de nous débrouiller. Heureusement c’est la partie que je sais faire! Je contacte aussi mon ami Hervé qui est gréeur à La Rochelle, on discute réglage de mât, ça m’aide à être plus serein pour la suite des réparations et savoir aussi quoi vérifier en haut.

Notre première randonnée nous permet de découvrir la cote sud de l’île. Nous partons à pied de la marina et prenons le sentier côtier qui conduit à la grande plage de l’ile: Praia Formosa. Nous en avons pris plein les yeux, le sentier domine les pentes qui se jettent dans l’eau, la végétation est par endroit très luxuriante avec plein de verts différents et partout le bleu profond de l’océan en arrière plan. Le sentier descends ensuite vers la plage et traverse un dédale de curiosités géologiques, des roches incrustées de minéraux noirs et blancs, des coulées de lave qui se superposent et toutes sortes de couleurs du jaune jusqu’au rouge. Et enfin la grande plage Praia Formosa, pas beaucoup de monde ce jour là nous avons le choix pour poser notre serviette. Retour en stop jusqu’à Vila do Porto sans problèmes, environ 30 secondes d’attentes, et ç aaura été comme ça pour tous nos déplacements! Pas la peine de louer une voiture ici! Nous sommes tous les trois revenus enchantés de cette première rando et bien motivés pour en faire d’autres.

Mais la priorité c’est les réparations et pendant que je fais le collage du pont, Romain en profite pour faire un petit tour de l’ile en stop avant de prendre un avion pour San Miguel. On se sépare après une soirée partagée entre le bar « garrouchada » pour l’apéro et le fameux « central pub » pour le repas, les deux incontournables de Vila do Porto! Maintenant que le pont est recollé nous profitons avec Aurélie du weekend de Pentecôte pour faire deux jours de rando sur la côte est de l’ile.

On commence par la visite du centre d’interpretation de Vila do Porto. Très intéressant, faune et flore locale, et surtout toute une partie sur la géologie de l’île et notamment sur ses gisements importants de fossiles, inédits aux Açores! Santa Maria est la plus vieille des îles et n’est pas sur la même plaque tectonique que les autres, ce qui la rends unique de ce point de vue! Ce jour là le stop ne fonctionne pas très bien, heureusement après 1 heure d’essai, un couple de jeunes Portugais nous prends dans leur pickup. Le monsieur parle anglais, il nous explique pas mal de chose sur l’île et veut nous montrer les paysages incontournables de cette côte. Il n’hésite pas à laisser tomber son dimanche après midi à la plage pour nous faire une visite guidée , super sympa ! La falaise d’orgues basaltiques de Panasco, le phare et l’ancienne usine baleinière de Ponta do Castelo et la cascade de Maia. Nous décidons de continuer à pied à partir de la cascade. A travers les anciennes terrasses de vigne nous remontons sous la falaise, c’est hyper raide, les vendanges devaient être sportives à l’époque, et oui nous savons grâce à notre guide que suite à des normes sanitaires imposées par l’union européenne, la fabrication à des fins commerciales du vin de Santa Maria est maintenant interdite ! Seules quelques familles entretiennent leurs vignes pour faire des cuvées personnelles, on ne pourras pas le goûter… Nous débouchons sur le plateau au dessus de la cascade, il n’y a pas un bruit hormis les oiseaux et les grenouilles dans le ruisseau. Nous marchons à travers des pâturages et des bosquets, c’est paisible. Pour la nuit nous installons notre tente sur le terrain d’un gite rural où il n’y a personne, nous profitons du robinet pour faire notre tambouille. Le lendemain le sentier nous promène plus dans les terres dans des vallons verdoyants avant de revenir vers les falaises, nous avons l’impression d’avoir l’île pour nous, pas de touristes ni de randonneurs et quelques rares locaux ! Enfin nous arrivons à notre destination, la baie de Sao Lourenço qui offre un beau paysage de vigne en terrasse et en contrebas des rochers avec une eau limpide. On déjeune au snack de la piscine naturelle, très simple et pas cher! Retour en stop dans la benne d’un pickup, le gars fait un énorme détours pour raccompagner un copain, du coup nous profitons du paysage !

Retour à la marina pour la fin des travaux, la pièce est ressoudée, la pose se fait sans problème, je peux raccrocher l’étai de génois, et voilà c’est comme neuf ! Bon il reste le problème des voiles qui sont bien abimées, car les drisses installées pour remplacer l’étai  ont ragué dessus pendant 1000 miles…. Et je n’ai pas la motivation de refaire toutes les coutures à la main, on verra ça à Ponta Delgada, il y aura bien une voilerie. Ce soir on teste le resto du club naval, pas mal, soupe et salade de poulpe, gateau au chocolat, le tout pour un peu plus de 8 euros…. Ici les restaurant ne sont vraiment pas chers…. Il y a toujours une soupe à environ 1,50 euros, puis les entrée entre 3 et 5 euros et les plats entre 6 et 12…. Un hamburgers frites complet est à 6 euros 50…. C’est pour ça qu’on en profites! Tout comme les bars, 1 euros 5à ou 7à la bière, 1 euros 50 le verre de vin blanc…. Difficile de ne pas se laisser tenter!!!  Avant de partir on voulait faire le sommet de l’ile, le pico Alto (590m) et redescendre vers la cote nord. C’est reparti pour du stop, une famille nous dépose au début de la route qui monte au sommet. Nous entrons alors dans une forêt de conifères au tronc rougeâtre bien droit et à la hauteur impressionnante. Belle vue de l’ensemble de l’île au sommet. Le chemin continue ensuite sur une crête herbeuse et redescends dans la forêt qui alterne entre les grands conifères et la forêt primaire: la laurisylve , des arbres plus petits. Fin de journée nous arrivons à la maison du garde au milieu de la forêt, le bâtiment est abandonné, pile poil pour installer notre tente sur le terrain bien plat ! Le lendemain nous finissons la descente dans la forêt humide avant de déboucher sur la partie nord-ouest plus sèche. Changement de décors, la végétation se rabougrie, l’herbe jaunie. En fait l’ile est coupée en deux partie l’est et l’ouest par une « chaine de montagne », l’ouest est vert et humide et l’est jaune et sec. L’ile est un concentré de microclimats que l’on traverse en quelques heures, c’est changeant, on ne s’en lasse pas. A ne pas rater la baia do raposo et le désert rouge : Barreiro da Faneca, on se croirait sur Mars. Nous continuons ensuite vers la Ponta dos Frades et ses falaises avant de terminer notre périple dans le petit village d’Anjos devant la statue de Christophe Colomb, passé par là lors de son retour des Amériques. Retour en stop, préparation du départ et un petit resto à « garrouchada » pour finir en beauté par 2 spécialités des Açores servies dans des plats en terre, un plat de viande mijotée : Alcatra Terceirense et un plat de poisson: Lombo de Bacalhau (filet de morue) servie dans une tuile, délicieux tout les 2.

Et le samedi matin nous mettons on route pour l’ile de San Miguel, une petite navigation de 55 miles. Mais le vent n’est pas de la partie et nous faisons tout au moteur, dommage. Dans le soleil couchant nous découvrons Ponta Delgada avec ses immeubles et son port de commerce, le choc après notre séjour sur Santa Maria et avant le Cap Vert. Mais l’île regorge de curiosités à voir et les enfants reviennent avec leurs grands parents lundi, une nouvelle aventure commence.

Contre vent et marée

C’était la navigation que l’on redoutait le plus du voyage mais en plus la malchance et la loi des séries s’y sont mis ! On n’a pas été déçus!

Alors, dans le dernier article nous partions de Mindelo, la fleur au fusil, faisant route directement vers le nord. Mais ça ne devait pas se passer comme ça, après 4 heures de navigation dans le canal entre les îles de Sao Vicente et Santo Antao, nous n’avions quasiment rien gagné par rapport au vent, et là dessus 2 lattes de notre voile d’avant, le solent, s’arrachent et tombent à l’eau. La voile sur laquelle on comptait pour toute cette navigation au prés étant inutilisable, nous décidons de faire demi tour, retour à Mindelo! Le lendemain matin, couture. Début d’après midi nous levons l’ancre et comme nous ne sommes pas têtus, cette fois ci nous passons par le sud de l’ile de Santo Antao. Nous ne le regretterons pas, la cote sud de l’ile nous offre un très beau spectacle, le mouillage de Tarrafal au sud, à l’air magnifique! Mais c’est un Tarrafal que nous n’auront pas fait… A la nuit tombante nous étions dégagé de l’ile avec le large face à nous, c’est parti !

Les premiers jours ont été un peu dur, la mer était formée, le vent soufflait bien et surtout nous n’étions pas amarinés. Heureusement, Charlie notre équipier Australien, semble insensible au mal de mer, et c’est donc lui qui nous cuisine les premiers repas. La vie a bord s’organise autour des quarts de barre, et oui nous n’avons toujours pas de pilote automatique, par tranche de 2 heures, jour et nuit, nous nous relayons.

Et le 5éme jour, c’est la cata ! Je m’aperçois le matin que le génois, notre grosse voile d’avant, a une drôle de tête, en allant voir à l’avant je constate que la cadène,  la pièce de métal sur laquelle est accrochée la voile est arrachée. Grosse sueur froide, le mât peut tomber à tout moment. Heureusement nous avons un 2éme étai, un câble, qui sert pour le solent et qui retient encore le mât, mais ce n’est pas suffisant, avec les vagues le mat bouge. Pas bon du tout, nous sommes seuls au milieu de l’océan, le port le plus proche est Mindelo à environ 750 km et sans mât ça risque d’être compliqué d’arriver jusque là. On cherche alors comment sécuriser le mât dans un premier temps. Après réflexion et moult schémas nous trouvons avec Romain, une idée. Après 3h de mise en place, la situation semble stabilisée, on peut discuter de la suite. L’option de la sécurité est de faire demi tour de retourner à Mindelo pour réparer, mais cela nous mettrait un gros coup au moral et nous ne sommes pas sûr de trouver les ressources nécessaires à de tels travaux là bas. La 2éme option est de rallier les Canaries, mais nous serions encore plus contre le vent, impossible vu l’état du bateau et les conditions de vent fort. Reste alors l’option la plus risquée, mais possible, continuer notre route vers les Açores en utilisant le solent et la grand voile réduite. Après pas mal de discutions c’est l’option que nous choisirons. Le lendemain, comme pour nous consoler, nous feront une bonne pêche, Une dorade coryphène de plus d’un mètre et d’environ 10kg mord à l’hameçon! Nous feront 5 repas à quatre sur la moitié de la chair, on fait sécher l’autre moitié pour plus tard!

Nous sommes toujours dans les alizés est le vent soutenu nous permet de bien avancer malgré notre voilure très réduite. Mais bientôt nous approchons de la zone de changement de système météo et le vent baisse … nous sommes presque à l’arrêt. Nous décidons d’augmenter la taille du solent en retirant le ris (système de réduction de la surface de la voile), mais je m’aperçois que le bas de la voile est déchirée. Du coup nous restons avec notre voilure mini. Pendant de nombreux jours, nous avançons à 2 ou 3 nœuds (4 ou 5 km/h), c’est dur pour le moral, en plus une partie des sécurités misent en place cassent, c’est reparti pour 3 heures de boulot à l’avant du bateau avec la houle, c’est éprouvant, et cette fois de nuit, éclairés par le projecteur de pont… Après de savants calculs et des suppositions  sur la consommation de gasoil du moteur nous prenons la décision de l’allumer pour aider les voiles à faire avancer le bateau. C’est comme ça que nous grignotons des miles, dés que le vent est trop faible on s’aide du moteur au ralenti. Mais bientôt le vent devient très faible et la jauge de gasoil est presque sur 0… On se voyait déjà dériver pendant des jours tout proche du but sans rien pouvoir faire. On a optimisé au mieux nos ressources et notre moral pour nous approcher d’une ile , la plus proche, Santa Maria. Lorry, notre routeur, celui qui surveille la météo et nous aide pour la route à prendre, nous a annoncé un petit vent de nord ouest avant un coup plus fort de nord. Gros challenge pour attraper le vent d’ouest et rejoindre l’ile avant le dimanche soir.

Ça s’est fini sur le fil, dimanche fin d’après midi nous sommes devant l’entrée du port de Vila do Porto sur l’ile de Santa Maria, le réservoir de gasoil est vide, nous avons ajouté les quelques litres de secours pour l’arrivée. On s’amarre au ponton de la marina, gros soulagement, le mat est toujours en place, les dégâts sur la coque liés à notre système d’assurage du mât qui passe avec des bouts sous la coque du bateau ne sont pas trop importants, et il y a un chantier qui peut ressouder la  pièce! Ce soir, c’est restaurant pour l’équipage ! Il y a ici un véritable pub irlandais, le central pub, tout en boiseries foncées et tabourets de bar… Burgers, grillades, bières et whiskys pour tout le monde!

Nous avons fait environ 1400 miles dont 1000 sans étai au près face à la vague, les connaisseurs apprécieront le niveau de stress ! Tout ça en moins de quinze jours sans la totalité de notre voilure pour une navigation qui devait prendre entre 16 et 20 jours… Mais tout c’est fait dans la bonne humeur, l’équipage est resté positif, personne n’a cédé à la panique, ensemble nous avons toujours trouvé une solution aux problèmes que l’on rencontrait. Et puis on se faisait des bons petits plats, des gâteaux, du pain croustillant, des jeux de sociétés, Charlie jouait de la guitare, on n’était pas si mal !

Aussitôt arrivé, avec Aurélie nous enfilons les chaussures de rando pour faire une petite balade. C’est ce qui manque le plus à bord d’un voilier, pouvoir marcher. Nous découvrons cette ile des Açores avec l’émerveillement de ceux qui n’ont pas vu de végétation depuis des mois, la sensation de l’herbe sous les pieds, les insectes qui volent, les odeurs de fleurs, les vaches dans la lande … C’est beau les Açores avec les falaises qui baignent dans une eau limpide, les landes déjà jaunies coté sud, les prairies et les forêts bien vertes sur les pentes nord. On est bien ici.